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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Instanceset prièresdes vieux sou-verains pourqu'on vienne àleur secours.

Mars isos. signifier au nom de Ferdinand VII qu’il fallait se rendre à Ba-dajoz, au fond de l’Estramadure, loin de la protection desFrançais, pour y vivre dans l’isolement, la misère peut-être,tandis qu’un fils détesté régnerait, se vengerait, immoleraitprobablement le malheureux Godoy ! En face d’une telle per-spective, la déchéance était devenue plus cruelle. La jeunereine d’Étrurie, que cet exil désolait en proportion de sonâge, ajoutait à toutes les douleurs de cette royale famille sonpropre désespoir. Liée avec Murat, apportant le secours deses relations avec lui, elle avait été chargée d’invoquer laprotection de l’armée française.

Telle était la situation dans laquelle M. de Monthyon trouvacette famille infortunée. Il fut entouré, assailli des prières etdes instances les plus vives, par le vieux roi, la vieille reine,la jeune reine d’Etrurie. On lui raconta les angoisses des der-nières journées, les violences qu’on avait subies, celles qu’onallait peut-être subir encore, les injonctions qu’on avait re-çues de partir pour Badajoz, et surtout les périls qui mena-çaient Emmanuel Godoy. On parla de celui-ci beaucoup plusque de la famille royale elle-même; on demanda pour lui, âmains jointes, la protection delà France, en offrant de s’enrapporter à la décision de Murat relativement à tout ce quiétait arrivé, de le faire l’arbitre des destinées de l’Espagne,de se soumettre enfin à tout ce qu’il ordonnerait.

M. de Monthyon repartit à l’instant afin de rejoindre Murat,qui s’était rapproché de Madrid, dans la journée du 22, poury entrer le 23, jour presque indiqué d’avance dans lesinstructions de Napoléon. Il lui fit part de ce qu’il avait vu etentendu dans son entretien avec les vieux souverains, deleurs regrets amers, et de leur désir d’en appeler à Napoléonen apprenant des derniers événements d’Espagne. Murat en écoulant ce'exjïrîmés* récit fut saisi d’une sorte d’illumination subite. Il n’avait pas^ imagine ’ le secret de la politique dont il était l’instrument, mais il

de le faire .

protester avait quelquefois supposé que Napoléon voulait en effrayant