BAYONNE.
419
taie une proclamation, dans laquelle Ferdinand VII en appelaitaux sentiments de bienveillance qui devaient animer l’une àl’égard de l’autre deux nations anciennement alliées. Les Es-pagnols comprenant cette politique aussi bien que leur jeuneroi, et entraînés de plus par la curiosité, étaient donc parfai-tement disposés à courir au-devant de Murat, et à lui prodi-guer leurs acclamations.
Le 23 au matin, Murat réunit sur les hauteurs situées enarrière de Madrid, lesquelles ne sont que les dernières pentesdu Guadarrama, une partie de son armée, qui consistait ence moment dans les deux premières divisions du maréchalMoncey, dans la cavalerie de tous les corps, et dans les déta-chements de la garde impériale envoyés de Paris pour formerl’escorte de Napoléon. 11 fit son entrée au milieu du jour, à latête d’un brillant état-major, et charma tous les Espagnols parsa bonne mine et son sourire confiant et gracieux. La gardeimpériale frappa singulièrement les Espagnols ; les cuirassiers,par leur grande taille, leur armure et leur discipline, ne lesfrappèrent pas moins. Mais l’infanterie du maréchal Moncey,composée en majeure partie d’enfants mal vêtus et harassésde fatigue, inspira plus de commisération que de crainte; cequi était fâcheux chez un peuple dont il fallait toucher les sensplutôt que la raison. Toutefois l’ensemble de ce spectacle mi-litaire produisit un certain effet sur l’imagination des Espagnols.Ils applaudirent beaucoup les Français et leurs chefs.
Par une négligence involontaire, bien plus que par un défautd’égards qui n’était dans l’intention de personne, on avait omisde préparer le logement du général en chef de l’armée fran-çaise. Murat descendit aux portes de Madrid dans le palaisabandonné du Buen-Retiro, et s’arrêta dans l’appartement qu’a-vaient habité les demoiselles Tudo avant leur départ. Il futblessé de ce manque de soins. Mais on lui offrit immédiate-ment l’ancienne demeure du prince de la Paix, située près dumagnifique palais que la royauté espagnole occupe à Madrid.
27 *
Mars 1808.
Entréedes Françaisà Madridle 23 mars180».