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[Vol. 4.]
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LIVRE XXX.

Mai 1808. laissait l’option entre deux trônes vacants. Napoléon, dans cesmêmes dépêches, offrit à Murat l’un ou l’autre à son gré, enl’engageant néanmoins à préférer celui de Naples, car les pro-jets maritimes qu’il méditait devant lui assurer la Sicile, ceroyaume serait comme autrefois de six millions d’habitants. Illui enjoignit, en attendant, de s’emparer à Madrid de toutel’autorité, de s’en servir avec la plus grande vigueur, de fairepart à la junte de gouvernement, aux conseils de Castille etdes Indes, des renonciations de CharlesIV et de FerdinandVII,et d’exiger de ces divers corps qu’ils lui demandassent JosephBonaparte comme roi d’Espagne.

On se ferait difficilement une idée de la surprise et de laimpression 6 douleur de Murat en apprenant le choix, pourtant si naturel,en voyanipasser auquel Napoléon venait de s’arrêter. Le commandement desla couronne armées françaises dans la Péninsule, converti bientôt en lieu-dEspagne. t enance _gg n g ra ] e du royaume, lui avait paru un présage cer-tain de son élévation au trône d’Espagne. Le renversement deses espérances fut pour lui un coup qui ébranla profondémentson âme et même sa forte constitution, comme on en verrabientôt la preuve. La belle couronne de Naples, que Napoléonfaisait briller à ses yeux, fut loin de le dédommager, et nelui sembla qu’une amère disgrâce. Il s’abstint néanmoins, tantil était soumis à son tout-puissant beau-frère, de lui en té-moigner aucun mécontentement; mais en lui répondant il gardasur ce sujet un silence qui prouvait assez ce qu’il sentait, et illaissa voir à M. de Laforêt, qui avait conquis toute sa con-fiance, les sentiments douloureux dont il était plein. M. deLa-forét, ancien ministre à Berlin, venait de lui être envoyé enremplacement de M. de Beauharnais, frappé d’une révocationimméritée pour les gaucheries qu’il avait commises, et quiétaient inévitables dans la position où il se trouvait, eût-il étéplus habile,

Toutefois Murat avait encore une chance, c’est que Josephn’acceptât pas la couronne d’Espagne, ou que les difficultés