BAYLE N.
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un crime qui devint le signal du massacre de la plupart descapitaines-généraux.
La commotion de la Galice gagna sur-le-champ le royaumede Léon. À l’arrivée de 800 hommes de troupes envoyés dela Corogne à Léon, l’insurrection s’y produisit de la mômemanière et avec les mômes formes. On institua une junte, ondéclara la guerre, on décréta une levée en masse, on s’armaavec toutes les armes sorties des arsenaux d’Oviedo, du Fer-roi et de la Corogne. A Léon on était déjà en plaine, etassez rapproché des escadrons du maréchal Bessières; maisà Valladolid on en était encore plus près. Néanmoins il suffi-sait à l’imprudent enthousiasme des Espagnols de ne pas voirces escadrons, quoiqu’ils fussent à quelques lieues, pour écla-ter en mouvements insurrectionnels. Le capitaine-général deValladolid était don Gregorio de la Cuesta, vieux militaire,inflexible observateur de la discipline, esprit chagrin et mo-rose, blessé au cœur comme tous les Espagnols des événe-ments de Bayonne, mais n’imaginant pas qu’on pût résisterà la puissance de la France, et porté à croire qu’il fallait re-cevoir d’elle la régénération de l’Espagne, en se dédomma-geant de la blessure faite à l’orgueil national par les biens quirésulteraient d’une réforme générale des anciens abus. Unsentiment particulier agissait de plus sur son cœur, c’étaitl’aversion de la multitude et de son intervention dans les affai-res de l’Etat. La populace de Valladolid, que les événementsd’Oviedo, de la Corogne, de Léon avaient fort émue, et quine voulait pas se montrer plus insensible que les autres po-polutions du Nord à la nouvelle des abdications, s’assembla,courut sous les fenêtres du capitaine-général Gregorio de laCuesta, et l’obligea à paraître. Ce vieil homme de guerre, pa-raissant avec un visage mécontent, essaya d’opposer quelquesraisons fort sensées à une levée de boucliers faite si près destroupes françaises; mais sa voix fut couverte de huées. Unepotence apportée par des gens du peuple fut dressée en face
Mai 1803.
Soulèvement
dans
le royaumede Léonet dansla Vieille-Cas tille.
Violencefaite à donGregoriode la Cuesta,gouverneurde la Vieille-Castille,pour l’obligerà proclamerrinsurrection.