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LIVRE XXXI.
Mai 1808. citadelle de Valence trois ou quatre cents François, négociantsattirés dans cette ville par le commerce, et beaucoup d’entreeux établis depuis long-temps. On les avait mis en ce lieu«’aivo dirige par humanité, et pour les soustraire à la férocité de la mul-
les fureurs
de la popuiare titude. L’atroce Calvo avait persuadé à une bande fanatique
Valencienne 1
contre nue c ’était là le seul holocauste agréable à Dieu, le seul digneles français A ' ©
ladOideiie ' a cause qu’on servait. Doutant de pouvoir pénétrer dansla citadelle avec sa troupe d’assassins, pour y consommer lecrime abominable qu’il méditait, il apposta sa bande à uneiiorriïiie poterne qui donnait sur le rivage de la mer; puis il s’intro-de'isôo 1 Fran- duisit dans la cidatelle, et. affectant l’humanité, il fit croire aux
çais détenus
à la citadelle Français qu’ils allaient être ésorcés tous s’ils ne s’enfuyaientprécipitamment par la poterne qui conduisait au rivage.Ces infortunés, cédant à son conseil, sortirent tous, femmeset enfants, par la fatale issue qu’ils regardaient comme l’uniquevoie de salut. A peine avaient-ils paru, qu’à coups de fusil,de sabre, de couteau, ils furent impitoyablement massacrés.Les assassins, gorgés de sang, épuisés de fatigue, demandaientgrâce pour une soixantaine qui leur restaient à égorger. Calvo,voyant que le zèle de ses sicaires allait défaillir, parut céderà leur vœu, et se chargea d’emmener avec lui les soixantevictimes épargnées. H les conduisit dans un lieu détourné, oùune troupe fraîche acheva l’exécrable sacrifice. Ainsi nosmalheureux compatriotes expiaient les fautes de leur gouver-nement , sans y avoir aucune part !
Tout ce qui n’appartenait pas dans Valence à la plus vileVains efforts populace, ressentit une douleur profonde. Le lendemain, lemoine Rico moine Rico, révolté de ces actes qui déshonoraient la cause
pour arrêter
les crimes de l'insurrection, essaya de dénoncer a rhonnêteté publiqueles crimes de Calvo. Mais il ne put prévaloir; Calvo l’emporta,et le père Rico fut obligé de se cacher. Calvo fut audacieuse-HuitFrançais ment proclamé membre de la junte, au grand scandale et au«•gorges «îans grand effroi de tous les honnêtes gens. R restait huit malheu-
le sein meme c
de la junte, reux Français échappés par miracle au massacre général. Ne