BAYLEN.
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des autres provinces, était accouru en foule à l’hôtel du ca- Mai isos.pitaine-général, don Juan de Guillermi, et, le trouvant timidecomme les autres capitaines-généraux, l’avait destitué, et rem-placé par son chef d’état-major, le général Mori. Celui-ci, lelendemain 25, convoqua une junte pour satisfaire le peupleet s’entourer d’un conseil qui partageât sa responsabilité. Legénéral Mori et la junte, sentant le double danger d’étre à lafois sous la main de la populace, et sous la main des Françaisqui remplissaient la Navarre, étaient fort hésitants. Le peuple,que le zèle le plus exalté aurait à peine satisfait, voulut, sanstoutefois les égorger comme on fit ailleurs, se débarrasser dechefs qui ne partageaient pas son ardeur, et donna le com-mandement à un personnage célèbre, Joseph Palafox de Melzi,propre neveu du duc de Melzi, vice-chancelier du royaume a " 1 " e " 0 ^' ded’Italie. C’était un beau jeune homme, de vingt-huit ans, ayant co mmwîdantservi dans les gardes du corps, et connu pour avoir fièrement deTaragon.résisté aux désirs d’une reine corrompue, dont il avait attiréles regards. Attaché à Ferdinand YII, qu’il était allé visiter àBayonne, et qu’il avait trouvé captif et violenté, il était venuà Saragosse sa patrie, attendant, caché dans les environs, lemoment de servir le roi qu’il regardait comme seul légitime.
Le peuple, informé de cos particularités, courut le chercherpour le nommer capitaine-général. Joseph Palafox accepta,s’entoura d’un moine fort habile et fort brave, d’un vieil offi-cier d’artillerie expérimenté, d’un ancien professeur qui luiavait donné des leçons, et suppléant par leurs lumières à cequi lui manquait, car il ne savait ni la guerre ni la politique,il se mit à la tête des affaires de l’Aragon. Son âme héroïquedevait bientôt lui tenir lieu de toutes les qualités du comman-dement. Palafox convoqua les Cortès de la province, ordonnaune levée en masse, et appela aux armes la belle et vaillantepopulation aragonaise. Son appel fut non-seulement écouté, L p 0 8 “ssde tio "mais partout devancé. Enfin, l’agitation, l’entraînement furenttels, que sur les confins de l’Aragon et de la Navarre, à Lo- française.tom. ix. 3