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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juin 1808.

Missiondonnée au ge-neral Verdierde réprimer

utiles là où ils s’arrêtaient. Il ordonna de plus d’expédier enposte deux bataillons aguerris de la garde de Paris. S’il n’avaitdonc pas sous la main l’étendue de ressources qui aurait pusuffire à comprimer immédiatement l’insurrection espagnole,il y suppléait avec son génie d’organisation, et il était déjàparvenu à réunir quelques forces, qui permettaient d’appor-ter au mal un premier remède, puisqu’il lui arrivait six régi-ments français d’ancienne formation et trois régiments polo-nais. Il arrivait aussi, sous le titre de régiments de marche,des détachements nombreux destinés à recruter les régimentsprovisoires ’, et qui, avant de se fondre dans ces derniers,rendaient des services tout le long de la route qu’ils avaientà parcourir.

Napoléon ordonna sur-le-champ au général Verdier de cou-rir à Logroîïo avec 1,500 hommes d’infanterie, 300 chevauxet 4 bouches à feu, pour faire de cette ville un exemple sé-

1 On peut, par ces divers titres, se faire une idée de la complication quel’étendue des besoins et des ressources avait fait naître dans l’organisationmilitaire, que Napoléon maniait avec tant de génie. Il y avait les vieux ré-giments de ligne français portant les numéros \ à 112, plus les régimentslégers portant les numéros 1 à 32, qui étaient répandus en Pologne, enAllemagne, en Italie, en 111 jrie, et qui avaient leurs bataillons de dépôt surle Rhin ou sur les Alpes. Il y avait en outre les régiments dits provisoires,qu’on avait formés avec des compagnies tirées des bataillons de dépôt, etqui étaient détachés en Espagne pour y servir sous une forme temporaire. Il yavait de plus les détachements tirés plus tard de ces mêmes dépôts pour allerrenforcer les régiments provisoires, et qui formaient pendant le trajet desrégiments de marche. Les cinq légions de réserve, dont les trois premiersbataillons composaient le corps du général Dupont, dont les quatrièmes ba-taillons composaient l’une des divisions du maréchal Bessières, dont enfinles cinquièmes et sixièmes bataillons restaient à organiser, présentaient unenouvelle catégorie. Il y avait enfin les Italiens, les Polonais, les Suisses, quiconcouraient de leur côté à la composition des forces dont disposait Napo-léon. Il faut donc suivre avec une attention soutenue ces catégories si di-verses et si nombreuses, si on veut apprécier l’art prodigieux avec lequelNapoléon maniait ses forces, et si on veut surtout comprendre comment ilse faisait que, malgré cet art prodigieux, les ressources commençaient àêtre au-dessous de l’immensité de la tâche qu’il avait malheureusement em-brassée.