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LIVRE XXXI.
juin 1808. coteaux, on aperçoit à droite et fort près de soi les cimessombres de la Sierra-Morena, à gauche et fort loin les cimesvaporeuses et bleuâtres des montagnes de Grenade. La roule,qui est d’abord à droite du Guadalquivir, passe 5 gauche àAndujar. Au pont d’Alcolea, elle repasse à droite, pour allerjoindre Cordoue, située en effet de ce côté, sur le bord mêmeMoyens du fleuve, qu’elle domine de ses tours mauresques. Bien quertfunis "pur dans cette partie le Guadalquivir soit presque partout guéable,
les Espagnols .
au pont surtout en été, il est un obstacle de quelque valeur à cause
d’Alcolea. A
de ses bords escarpés, et la possession du pont d’Alcolea,qui donnait un passage frayé à l’artillerie, avait une sorted’importance. Ce pont est long et étroit, et se termine au vil-lage même d’Alcolea. Les Espagnols en avaient fermé l’entréeau moyen d’un ouvrage de campagne, consistant dans unépaulement en terre et dans un fossé profond. Ils l’avaient garnide troupes et d’artillerie, et avaient eu soin de répandre enavant, tant à droite qu’à gauche, une nuée de tirailleurs, em-busqués dans des champs d’oliviers. Ils avaient de plus obstruéle pont, rempli le village d’Alcolea de paysans fort habilestireurs, placé au delà douze bouches à feu sur un monticulequi dominait les deux rives, et rangé plus loin encore le restede leur monde sur un vaste plateau. Pour inquiéter les as-saillants, ils leur avaient préparé une diversion, en faisant passerle Guadalquivir au-dessous d’Alcolea à une colonne de trois ouquatre mille hommes, laquelle, remontant la rive gauche qu’oc-cupaient les Français, devait faire mine de les prendre enflanc, pendant qu’ils attaqueraient de front le pont d’Alcolea.
Il fallait donc balayer la nuée de tirailleurs postés dans lesoliviers, aborder l’ouvrage, l’enlever, franchir le pont, serendre maitre d’Alcolea, rejeter en même temps dans leGuadalquivir le corps qui l’avait passé, et fondre ensuite surCordoue, qui n’est qu’à deux lieues. On avait le temps, caron était arrivé à cinq heures du matin en face de l’ennemi,par une superbe journée du mois de juin. Le général Dupont