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[Vol. 5.]
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1.1 VRK XXXI.

.juin i8oa. fut qu’un cri néanmoins dans toute l’Andalousie contre lesFrançais, déjà bien assez détestés sans qu’il fût besoin, parde faux récits, d’augmenter la haine qu’ils inspiraient. Onjura de les massacrer jusqu’au dernier, et, autant qu’on leput, on tint parole.

A peine nos troupes avaient-elles franchi la Sierra-Morena,Massacre sans laisser presque aucun poste sur leurs derrières, à cause'su/toutes' 8 de leur petit nombre, que des nuées d’insurgés, chassés de

les routes

tie l’armee. Cordoue, s’étalent répandus sur leur ligne de communication,occupant les défilés, envahissant les villages qui bordent lagrande route, et massacrant sans pitié tout ce qu’ils trou-vaient de Français voyageurs, malades ou blessés. Le généralRené fut ainsi assassiné avec des circonstances atroces. AAndujar les révoltés de Jaen, profitant de notre départ,envahirent la ville, et massacrèrent tout un hôpital de ma-lades. La femme du général Chabert, sans l’intervention d’unprêtre, eût été assassinée. Au bourg de Montoro, situé entreAndujar et Cordoue, eut lieu un événement digne des canni-bales. On avait laissé un détachement de deux cents hommespour garder une boulangerie qui était destinée à fabriquer lepain de l’armée, en attendant qu’elle fût entrée dans Cordoue.La veille même du jour où elle allait y entrer, et par consé-quent avant les prétendus ravages qu’elle y avait commis,les habitants des environs,les uns venus de la Sierra-Morena,les autres sortis des bourgs voisins, se jetèrent à l’improviste,et en nombre considérable, sur le poste français, et l’égor-gèrent tout entier avec un raffinement de férocité inouï. Ilscrucifièrent à des arbres quelques-uns de nos malheureuxsoldats. Ils pendirent les autres en allumant des feux sousleurs pieds. Ils en enterrèrent plusieurs à moitié vivants, oules scièrent entre des planches. La plus brutale, la plus in-fâme barbarie n’épargna aucune souffrance à ces infortunéesvictimes de la guerre. Cinq ou six soldats, échappés parmiracle au massacre, vinrent apporter à l’armée cette nou-