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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juin J.&08.

Evenomen fsù 4'ariîx.pendant <i«elu generalDupontest retenu àConloue.

ï.a populacede Cadix,demandela destructiondo la Hotte

française.

en bataillons de volontaires. Ou les armait, on les instruisait.Le temps était ainsi .tout au profit de l’insurrection qui pré-parait ses moyens, et au désavantage de l’armée française,dont la situation empirait à chaque instant; car, indépen-damment de la non-arrivée des renforts, la chaleur, sans cessecroissante, augmentait la quantité des malades, et affectaitnotablement le moral des soldats. En même temps notre flottecourait de grands dangers à Cadix.

L’agitation, depuis le massacre de l’infortuné Solano, n’avaitcessé de s’accroître dans cette ville, où dominait la plus in-fime populace. Le nouveau capitaine général, Thomas deMorla, cherchait à se maintenir en flattant la multitude, et enlui permettant chaque jour la somme d’excès qui pouvait lasatisfaire. Tout de suite après avoir égorgé le capitaine gé-néral Solano, cette multitude s’était mise à demander la des-truction de notre flotte et le massacre des matelots français.C’était chose naturelle à désirer, mais difficile à exécutercontre cinq vaisseaux français et une frégate, montés partrois à quatre mille marins échappés à Trafalgar, et disposantde quatre à cinq cents bouches à feu. Ils auraient incendiéles escadres espagnoles et tout l’arsenal de Cadix avant delaisser monter un seul homme à leur bord. Ajoutez que, pla-cés à l’entrée de la rade de Cadix, près de la ville, mêlés àla division espagnole qui était en état d’armement, ils pou-vaient la détruire, et accabler la ville de feux. Il est vraiqu’on aurait appelé les Anglais, et que nos marins auraientsuccombé sous les feux croisés des forts espagnols et desvaisseaux anglais ; mais ils seraient morts cruellement ven-gés d’alliés aveugles et d’ennemis barbares.

Thomas de Morla, qui appréciait mieux cette position quele peuple de Cadix, n’avait pas voulu s’exposer à de tellesextrémités, et il avait, avec son astuce ordinaire, entreprisde négocier. Il avait proposé à l’amiral Rosily de se mettreun peu à l’écart, en s’enfonçant dans l’intérieur de la rade,