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LIVRE XXXI.
juin 1808 . vrai motif pour abandonner Cordoue et les ressources de cettegrande ville, c’était la crainte de voir sur la gauche de l’arméeles insurgés de Grenade avancés jusqu’à Jaen, passer leGuadalquivir à Menjibar, se porter à Baylen, et fermer lesdéfilés de la Sierra-Morena (voir la carte n° 44). Comme à Cor-doue on était à vingt-quatre lieues de Baylen, cette distancerendait de langer immense. A Andujar, on n’était plus, il estvrai, qu’à sept lieues de Baylen, mais à sept lieues enfin, etil restait une chance de voir l’ennemi se porter à l’improvistevers les défilés. De plus, il y avait au delà de Baylen d’autresissues, par lesquelles on pouvait aussi pénétrer dans lesdéfilés de la Sierra-Morena : c’était la route de Baeza et d’U-beda, donnant sur la Caroline, point où les défilés commencentvéritablement. Il fallait donc d’Andujar veiller sur Baylen, etnon-seulement sur Baylen, mais sur Baeza etübeda, ce quiexigeait un redoublement de soins. Le parti le plus convenableà prendre en quittant Cordoue, c’était d’abonder complètementdans la sage pensée qui faisait abandonner cette ville, et dese porter à Baylen même, où, par sa présence seule, on auraitgardé la tête des défilés, et d’où on aurait, avec quelquespatrouilles de cavalerie, aisément observé la route secondairede Baeza et d’Ubeda. Baylen avait d’autres avantages encore,c’était d’offrir une belle position sur des coteaux élevés, enbon air, d’où l’on apercevait tout le cours du Guadalquivir,et d’où l’on pouvait tomber sur l’ennemi qui voudrait lefranchir. Sans doute, si ce fleuve n’eût pas été guéable enplus d’un endroit, on aurait pu tenir à être sur ses bordsmême, afin d’en défendre le passage de plus près. Mais leGuadalquivir pouvant être passé sur une infinité de points, lemieux était de s’établir un peu en arrière, sur une positiondominante, de laquelle on verrait tout, et pourrait se jeter surle corps qui aurait traversé le fleuve, pour le culbuter dansle ravin qui lui servait de lit. Baylen avait justement tous cesavantages. Le sacrifice d’Andujar, comme centre de ressources,