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[Vol. 5.]
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Juin 1808.

Bruitsrépandus àMadrid et danstoute l'Espa-gne , sur lesdangers quecourent lesdivers corpsde l’amiéefrançaise.

Le géne'ralSavary,ayant rem-placé Murat,envoiedes secoursau maréchalMonccyet au généralDupont.

7G LIVRE XXXI.

de l’Andalousie et du camp de Saint-Roque s’avançaient surle général Dupont, que celui-ci avait été obligé de décamper,qu’il était bloqué dans les défilés de la Sierra-Morena ; quele maréchal Moncey ne sortirait pas d’autres défilés, tout aussidifficiles, ceux de Requena ; que Saragosse resterait invin-cible ; que l’échec essuyé à Valladolid par don Gregorio dela Cuesta n’était rien, que celui-ci revenait avec le généralBlake à la tête des insurgés des Asturies, de la Galice, deLéon, pour couper la route de Madrid aux Français; que lenouveau roi Joseph, devant tous les jours partir de Bayonne,n’en partirait pas, et que cette formidable armée françaiseserait probablement bientôt obligée d’évacuer la Péninsule.Ces nouvelles, fausses ou vraies, une fois parvenues à Madrid,étaient ensuite consignées dans des bulletins écrits à la main,ou insérées dans des gazettes imprimées au fond des cou-vents, et répandues dans toute la Péninsule. D’abondantesquêtes au profit des insurgés signalaient la joie qu’on éprou-vait à Madrid de leurs succès, et le désir qu’on avait de leurfournir tous les secours possibles.

L’état-major français recueillait ces bruits, et, bien qu’iln’en crût rien, il en était inquiet néanmoins, et les mandaità Bayonne. L’infortuné Murat avait tant demandé à rentreren France, que, malgré le désir de conserver à Madrid cefantôme d’autorité, on lui avait permis de partir, et il en avaitprofité avec l’impatience d’un enfant. Le général Savary étaitdevenu dès lors le chef avoué de l'administration française,et faisait trembler tout Madrid par sa contenance menaçante,et sa réputation d’exécuteur impitoyable des volontés de sonmaître. Plein de sagacité, il appréciait très- bien la situation,et n’en dissimulait aucunement la gravité à Napoléon. Ayantconçu des craintes pour les corps avancés du maréchal Mon-cey et du général Dupont, il se décida à se démunir de trou-pes à Madrid, et à faire partir deux divisions pour le midide l’Espagne. Déjà un convoi de biscuits et de munitions, ex-