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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Heponr.esJ<* Kapoleonaux lelfresJe son frèreJoseph.
empreintes d’une vive douleur. Je n’ai personne pour moi,furent les premiers mots qu’il adressa à l’Empereur, et ceuxqu’il lui répéta le plus souvent. — Il nous faut cinquante millehommes de vieilles troupes et chiquante millions, et, si voustardez, il nous faudra cent mille hommes et cent millions... tellefut chaque soir la conclusion de toutes ses lettres. Laissantaux généraux français la dure mission de comprimer la ré-volte , il voulut naturellement se réserver le rôle de la clé-mence. et à toutes ses demandes d’hommes et d’argent il semit à joindre des plaintes quotidiennes sur les excès auxquelsse livraient les militaires français, se constituant leur accu-sateur constant, et l’apologiste tout aussi constant des insur-gés ; genre de contestation qui devait bientôt créer entre luiet l’armée des divergences fâcheuses, et irriter Napoléon lui-même. 11 est trop vrai que nos soldats commettaient beaucoupd’excès ; mais ces excès étaient bien moindres cependant quen’aurait pu le mériter l’atroce cruauté dont ils étaient souventles victimes.
11 n’était pas besoin de cette correspondance pour révélerà Napoléon toute l’étendue de la faute qu’il avait commise,quoiqu’il ne voulût pas en convenir. Il savait tout maintenant,il connaissait l’universalité et la violence de l’insurrection.Seulement, il avait trouvé les insurgés si prompts à fuir enrase campagne, qu’il espérait encore pouvoir les réduire sansune trop grande dépense de forces. — Prenez patience, ré-pondait-il à Joseph, et ayez bon courage. Je ne vous laisseraimanquer d’aucune ressource ; vous aurez des ti’oupes ensuffisante quantité ; l’argent ne vous fera jamais défaut enEspagne avec une administration passable. Mais ne vous cons-tituez pas l’accusateur de mes soldats, au dévouement des-quels vous et moi devons ce que nous sommes. Ils ont affaireà des brigands qui les égorgent, et qu’il faut contenir par lateri'eur. Tâchez de vous acquérir l'affection des Espagnols ;mais ne découragez pas l’armée, ce serait une faute irré-