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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXI.

Juillet 1808. général Verdier avait fait diriger une puissante batterie debrèche contre le château, et s’était réservé cette attaque, la plusdifficile et la plus décisive. Il avait dirigé deux autres batteriesde brèche contre le couvent de Santa-Engracia au centre,contre le couvent de Saint-Joseph à droite, et il avait confiéces deux attaques au général Lefebvre-Desnoettes.

Le 1 er juillet, au signal donné, les vingt mortiers et obusiers,soutenus par toute l’artillerie de campagne, ouvrirent un feuviolent tant sur les gros bâtiments qui flanquaient la murailled’enceinte, que sur la ville elle-même. Plus de 200 bombeset de 1,200 obus furent envoyés sur cette malheureuse ville,et y mirent le feu en plusieurs endroits, sans que ses défen-seurs, qui lui étaient la plupart étrangers, et qui, postés dansles maisons voisines des points d’attaque, n’avaient pas beau-coup à souffrir, fussent le moins du monde ébranlés. Sous ladirection de quelques officiers du génie espagnols, ils avaientplacé en batterie 40 bouches à feu qui répondaient parfaite-ment aux nôtres. Ils avaient, sur les points où nous pouvionsnous présenter, des colonnes composées de soldats quiavaient déserté les rangs de l’armée espagnole, et pas moinsde dix mille paysans embusqués dans les maisons. Le 2 juilletau matin, de larges brèches ayant été pratiquées au château del’Inquisition et aux deux couvents qui flanquaient l’enceinte,nos troupes s’élancèrent à l’assaut avec l’ardeur de soldatsjeunes et inexpérimentés. Mais elles essuyèrent sur la brèchedu château de l’Inquisition un feu si terrible, qu’elles enfurent étonnées, et que, malgré tous les efforts des officiers,elles n’osèrent pénétrer plus avant. Il en fut de même aucentre, au couvent de Santa-Engracia. À droite seulement legénéral Habert réussit à s’emparer du couvent de Saint-Joseph , et à se procurer une entrée dans la ville. Mais quandil voulut y pénétrer, il trouva les rues barricadées, les mursdes maisons percés de mille ouvertures et vomissant une grêlede balles. Les soldats d’Austerlitz et d’Eylau auraient sans