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LIVRE XXXI.
Juillet 1808.
Mouvement
précipité
du
général Vedelsur Andujar,
prit alors sa position de combat, la garde de Paris dans lesouvrages en avant du pont, la troisième légion de réservesur le bord du fleuve, les marins de la garde dans Andujar,la brigade Chabert à droite de la ville, les Suisses en arrière,la cavalerie avec le 6 e provisoire au loin dans la plaine, pourobserver les guérillas indisciplinées marchant autour de l’ar-mée espagnole comme les Cosaques autour de l’armée russe.
La vue de l’ennemi réjouit les soldats français en les tirantde leur ennui, et, quoique beaucoup d’entre eux fussent ma-lades, ils avaient un extrême désir d’en venir aux mains.Mais les Espagnols n’étaient pas capables de passer le fleuvesous les yeux de l’armée française. Ils se bornèrent à uneinsignifiante canonnade qui ne nous fit pas grand mal, et àlaquelle on ne répondit que froidement pour ne pas user nosmunitions, mais nos boulets, bien dirigés, tombant au milieude masses épaisses, y enlevaient beaucoup d’hommes à la fois.Sur la droite du fleuve que nous occupions, les guérillas semontrèrent. Les unes avaient franchi au loin le Guadalquivir;les autres descendaient sur nos derrières des gorges de laSierra-Morena. Le général Fresia lança sur elles ses escadrons,tandis que le 6 e tâchait de les joindre à la baïonnette. On leurtua quelques hommes, et bientôt on obligea ces nuées d’oiseauxde proie à s’envoler dans les montagnes.
La journée ne dénotait qu’un tâtonnement de l’ennemiessayant ses forces contre notre position, et cherchant le pointpar lequel il pourrait l’aborder avec moins de difficulté. Toute-fois il y avait lieu de prévoir un effort plus sérieux pour lajournée du lendemain. Le général Dupont dépêcha donc unde ses officiers au général Vedel pour savoir ce qui se pas-sait, soit à Baylen, soit au bac de Menjibar, et lui deman-der, dans le cas où il n’aurait pas d’ennemi devant lui, d’en-voyer à son secours ou un bataillon, ou même une brigade;soin qui eût été superflu, comme nous l’avons remarquédéjà bien des fois, si on avait tous été réunis à Baylen I La