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LIVRE XXXII.
Sept. 1808.
Fêtes
ordonnées
pour
Farinée.
le-champ; et pour dédommager cette division de ce qu’elleperdait, il lui fit donner les compagnies de grenadiers et dechasseurs des régiments qui étaient stationnés en France, etqui ne lui avaient encore fourni aucune de ces compagnies.C’était un mouvement extraordinaire de troupes allant etvenant dans tous les sens, de jeunes et vieux soldats, les unsse dirigeant vers le Nord, les autres vers le Midi, depuis laVistule jusqu’à l’Èbre, tous se succédant avec aussi peu deconfusion que le comportaient d’aussi vastes distances et desmasses d’hommes aussi considérables.
S’occupant toujours des plaisirs du soldat, et sachant ques’il ne tient pas à sa vie quand on a eu l’art de l’aguerrir, iltient à en jouir pendant qu’on la lui laisse, Napoléon ordonnades fêtes brillantes pour les troupes qui traversaient la Francedu Rhin aux Pyrénées. Il voulut qu’à Mayence, Metz, Nancy,Reims, Orléans, Bordeaux, Périgueux, les municipalités offris-sent des réjouissances toutes militaires, dont il promit secrète-ment de faire les frais. Il consacra à cet objet plus d’un million,pris sur le trésor de l’armée, en ayant soin de laisser auxmunicipalités tout le mérite de cette généreuse hospitalité.Des chansons guerrières composées par son ordre étaientchantées dans des banquets, où il n’était question que desexploits héroïques de nos armées et de la grandeur de laFrance, seule part qu’on laissât à la politique dans ces solen-nités. Là de vieux soldats partis du Niémen pour se rendresur le Tage se rencontraient avec des enfants de dix-huit oudix-neuf ans, quittant les bords de la Seine ou de la Loire pourceux de l’Elbe ou de l’Oder, ayant oublié déjà le chagrin d’aban-donner leur chaumière, et, au milieu de leurs adieux, se souhai-tant bonne fortune dans celte aventureuse carrière de combatset de gloire. En général, ceux qui allaient auMidi étaient les plusjoyeux, par la seule raison qu’ils devaient y trouver de bonsvins, tant était grand l’oubli de soi-même chez ces hommes vouésà une destruction presque certaine, et pour eux fort prévue.