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Napoléon, parti d’Erfurt le 14 octobre, fut rendu le 18 auniatin à Saint-Cloud. Par l’entrevue qu’il venait d’avoir avecl’empereur Alexandre il avait atteint son but, car l’Autricheétait contenue, pour le moment du moins; il avait le tempsde faire dans la Péninsule une campagne courte et décisive ;aux impressions produites par les affaires d’Espagne étaientsubstituées d’autres impressions moins pénibles; l’événementde Baylen, très-connu de l’Europe, très-peu de la France, setrouvait effacé par l’événement d’Erfurt connu de tous; etenfin, devant les forces unies de la France et de la Russie, ilétait possible que l’Angleterre intimidée consentît à écouterdes paroles de paix.
A peine arrivé à Saint-Cloud, Napoléon fit donner suite auprojet de négociation avec la Grande-Bretagne. 11 prescrivitau chef des forces navales à Boulogne d’embarquer de la ma-nière la plus ostensible les deux messagers envoyés d’Erfurtet désignés comme courriers, l’un de l’empereur de Russie,l’autre de l’empereur des Français. Le message dont ils ôtaientchargés pour M. Canning, et qui contenait une lettre des deuxempereurs au roi d’Angleterre, pour lui offrir la paix, entermes dignes mais formels, portait sur son enveloppe exté-rieure qu’il était adressé par Leurs Majestés l’empereur desFrançais et l’empereur de Russie à Sa Majesté le roi de laGrand-Bretagne. Ces courriers avaient ordre de dire partout,principalement en Angleterre, qu’ils venaient d’Erfurt, où ilsavaient laissé les deux empereurs ensemble, et qu’ils avaientrencontré sur leur route des troupes nombreuses se dirigeantvers le camp de Boulogne. Napoléon voulait ainsi faire pesersur le cabinet de Londres la responsabilité du refus de la paix,et frapper aussi l’imagination des Anglais par la possibilitéd’une nouvelle expédition de Boulogne.
11 se proposait de rester à Paris le nombre de jours néces-saire à l’exécution de ses derniers ordres, et de partir ensuitepour l’Espagne, afin de diriger lui-même les opérations mili-
Oetob. 1808.
Retourde JSapole'onà Parisle 18 octobre.
Départdes courriersrusseset françaispour Londres.