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[Vol. 5.]
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SOMO-SIERRA.

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l’année espagnole de droite allait se trouver prise, et pro-bablement écrasée. Pour donner ses derniers ordres, Napoléonattendit que le maréchal Ney, reparti de Burgos, eût gagnéLerma et Aranda, d’où il lui était prescrit de se détournerensuite à droite, par la route de Soria.

Pendant que Napoléon déployait tant d’activité, car, à peinearrivé à Vittoria et rassuré sur l’incident de la division Villatteà Balmaseda, il avait porté le maréchal Soult à Burgos; àpeine maître de Burgos, il avait reporté ce môme maréchalsur Blake, et à peine Blake détruit, il jetait le maréchal Neysur Castanos; pendant que Napoléon déployait, disons-nous,tant d’activité, tant de science manœuvrière contre des arméesqu’il suffisait d’aborder de front pour les vaincre, la juntecentrale d’Aranjuez et la cour de généraux, de royalistes dé-magogues qui l’entouraient, apprenaient la ruine de l’arméede Blake et du marquis de Belveder avec une surprise, uneémotion extraordinaires, comme si aucun de ces événementsn’eût été à prévoir. La junte n’imitait pas tout à fait ces lâchessoldats, qui en fuyant assassinent leurs officiers, qu’ils accusentde trahison (ce dont on verra bientôt de nouveaux et atrocesexemples), mais elle obéissait à un sentiment à peu prèssemblable, en destituant sans pitié les généraux vaincus. Aumilieu delà confusion habituelle de ses conseils, elle déclaraitBlake, le meilleur cependant des officiers de l’armée de Galice,indigne de commander, et elle le payait de son dévouementpar une destitution. Elle faisait de même envers l’heureuxvainqueur de Baylen, envers Gastanos, le plus sensé, le plusintelligent des généraux espagnols, sous prétexte d’irréso-lution, parce qu’il résistait à toutes les folles propositions desfrères Palafox. Gastanos n’était certainement pas le plus hardides généraux espagnols, mais il avait le sentiment éclairéde la situation, et pensait qu’à s’avancer sur l’Èbre commeon s’y était décidé, on ne pouvait recueillir que des désastres.Ayant aperçu combien les Français, faibles sur le Guadal-

Nov. isns.

Conduitede la junted’Aranjuezenvers

les centrauxvaincus,et destitutionde Blakeet Castanosau profitdu marquisde La Romana.