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[Vol. 5.]
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Aov, 1808 ,

Attaquedes hauteursde gauchepar

la division.Ifaurice-jMathieu.

Lannesfait enfoncerle centredes

Espagnols.

352 LIVRE XXXIII.

Il porta aussitôt la division Maurice-Mathieu, l’une desmieux composées et des mieux commandées, sur les hauteursde gauche qui s’appuyaient à l’Ebre, et garda en réserve lesdivisions Musnier, Grandjean et Morlot, pour agir contre lecentre lorsqu’il en serait temps. La cavalerie était déployéedans la plaine, une partie faisant face à droite pour contenirla gauche de l’ennemi vers Gascante, et donner à la divisionLagrange le temps de rejoindre.

Les généraux Maurice-Mathieu et Habert, précédés d’unbataillon de tirailleurs, s’avancèrent à la tête d’un régimentde la Vistule et du \ 4 e de ligne, vieux régiment d’Eylau, pourlequel des batailles avec les Espagnols n’étaient pas choseeffrayante. Lannes avait donné ordre de ne pas trop faire lecoup de fusil contre un ennemi supérieur en nombre, et avan-tageusement placé. Aussi, dès que les tirailleurs eurent repliéles Espagnols sur les hauteurs de gauche, les généraux Mau-rice-Mathieu et Habert se formèrent en colonnes d’attaque, etcommencèrent à gravir le terrain. Les Aragonais, plus braves,plus enthousiastes que le reste de la nation, plus engagés parleurs démonstrations antérieures, étaient obligés de tenir, ettinrent en effet avec un certain acharnement. Après s’étrebien servis de leur artillerie contre les Français, ils leur dis-putèrent chaque mamelon l’un après l’autre, et leur tuèrentun assez grand nombre d’hommes. Mais la division Maurice-Mathieu, vigoureusement soutenue, les contraignit après uncombat de deux heures à rétrograder vers Tudela. LorsqueLannes aperçut que de ce côté le combat ne présentait aucundoute, il ébranla la division Morlot qui venait d’arriver, et, lafaisant appuyer par la division Grandjean, il les poussa toutesdeux sur le centre des Espagnols, composé, avons-nous dit,des Valenciens, des Murciens et des Castillans. Les obstaclesdu terrain, qui étaient nombreux, présentèrent à la divisionMorlot plus d’une difficulté à vaincre. Remplie de troupes jeu-nes et ardentes, elle les surmonta, en perdant toutefois trois