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LIVRE XXX1ÏI.
Dec, 1808*
Evénementsen Aragonet en
Catalogne.
les rois d’Espagne faisaient imiter la porcelaine de Chine), etque dans ce réduit on ménageât une place suffisante pourrenfermer les blessés de l’armée, son matériel d’artillerie etses vivres. Il voulait de plus que cet établissement fût hérisséde canons, et que, les premiers ouvrages enlevés, il fallûtune attaque régulière pour forcer le réduit.
Tandis que les choses se passaient autour de Madrid commeon vient de le voir, d’autres événements s’accomplissaient enAragon et en Catalogne. En Aragon, depuis la bataille de Tu-dela, les allées et venues de nos divers corps d’armée avaientprivé momentanément le maréchal Moncey des moyens d’agirefficacement contre la ville de Saragosse. Le lendemain dela bataille on avait dû envoyer des troupes à la poursuite ducorps de Castanos, et, à défaut de celles du maréchal Ney,qui n’étaient pas encore arrivées, on y avait envoyé les divi-sions Musnier et Lagrange sous le général Maurice-Mathieu.Dès lors, le général Moncey n’était resté qu’avec les divisionsGrandjean et Morlot, qui ne comptaient pas plus de neuf oudix mille hommes. Le maréchal Ney était survenu, il est vrai,débouchant de Soria, et offrant de concourir au siège deSaragosse avec les deux divisions Dessoles et Marchand. Mais,le jour même où il allait de concert avec le maréchal Monceyattaquer cette fameuse capitale de l’Aragon, et s’emparer duMonte-Torrero, l’ordre lui arriva du quartier-général de pour-suivre Castanos à outrance, et de revenir en le poursuivantsur Madrid. Si Napoléon, à la distance où il était de l’Aragon,avait pu savoir ce qui s’y passait, il aurait laissé au maréchalNey le soin d’assiéger Saragosse, et au général Maurice-Mathieu celui de poursuivre Castanos. Ce dernier, avec lesdivisions Musnier et Lagrange, aurait amené à Madrid à peuprès autant de monde que le maréchal Ney avec les divisionsDessoles et Marchand. On eût ainsi évité un mouvement croiséet inutile du général Maurice - Mathieu rebroussant cheminpour se reporter sur Saragosse, et du maréchal Ney s’en éloi*