LIVRE XXXIII.
Drfc. 1808 .
Arrivé
à Barcelone,le généralSaint'C'r neveut pass’y renfermer,et se décideà poursuivrel'arméecatalane.
Sortie
de Barcelonepour détruirele campdu Llobregat.
Batailleet victoirede Molins-del-Rey.
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Bien qne Barcelone ne fût pas dépourvue de ressourcesalimentaires autant que l’avait prétendu Je général Duhesme,lequel avait exagéré sa détresse, pour exciter le zèle de ceuxqui étaient chargés de le débloquer, néanmoins il ne fallaitpas s’y enfermer long-temps si on voulait vivre. Le généralSaint-Cyr était en effet résolu à poursuivre ses avantages, àchercher partout l’armée espagnole, et à l’anéantir entièrementpour assiéger ensuite, l’une après l’autre, les places fortes dela province. Il laissa reposer ses soldats pendant les journéesdes 18 et 19 décembre; le 20 il sortit de Barcelone, et seporta sur le Llobregat.
Il n’était pas fâché, en accordant à ses troupes le temps dese reposer et de se rallier, de laisser aussi aux Espagnols letemps de se concentrer dans le camp qu’ils avaient longue-ment préparé sur le Llobregat, à quelques lieues de Barcelone.Si on a raison de chercher à diviser un ennemi redoutable,on a raison au contraire de vouloir rencontrer en masse, pourle détruire d’un seul coup, un ennemi plus habile à se déroberqu’à combattre. Le général Saint-Cyr sortit avec son corpsd’armée, et l’une des deux divisions de Duhesme, la divisionChabran. Il préposa l’autre, la division Lechi, à la garde deBarcelone. Il avait assez d’une vingtaine de mille hommespour culbuter tout ce qui se présenterait sur son chemin.
Le 20 au soir il arriva devant le Llobregat, dont il bordale cours depuis Molins-del-Rey jusqu’à San-Feliu. Les Es-pagnols étaient là, au nombre de trente et quelques millehommes, avec une forte artillerie, établis sur des hauteursboisées, et couverts par le Llobregat, qui n’était guéable qu’enquelques points. Le pont de Molins-del-Rey, sur lequel passela grande route de Barcelone à Valence, avait été fortementdéfendu au moyen d’ouvrages d’un accès très-difficile. Avecde bonnes troupes, l’ennemi aurait dû compter sur une pareilleposition, et s’v croire en sûreté.
Le général Saint-Cyr s’y prit pour l’emporter avec cet art