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LIVRE XXXIII.
Janv. 1809.
Reposd'un moisaccordeà l’armëeavantd’envahirle midi de laPéninsule.
Dispositionspour l’entréede Josephdans Madrid.
C’était la durée qu’il supposait encore au siège de Saragosse.Pendant ce mois le maréchal Soult rallierait ses troupes,y réunirait les portions du corps de Junot qui ne l’avaient pasencore rejoint, et préparerait son artillerie; les divisions Des-soles et Lapisse ramenées vers Madrid auraient le temps d’yarriver et de s’^ reposer; la cavalerie refaite se trouverait enétat de marcher, et on serait ainsi complètement en mesured’agir vers le midi de la Péninsule. La seule opération queNapoléon eût prescrite immédiatement, consistait à pousserle maréchal Victor avec les divisions Ruffin et Villatte surCuenca, pour y culbuter les débris de l’armée de Castanos,qui semblaient méditer quelque tentative. Les ordres de Na-poléon furent donnés conformément à ces vues. Il acheminavers le maréchal Soult les restes du corps de Junot; il fit pré-parer un petit parc d’artillerie de siège pour le maréchalVictor, afin de pouvoir forcer les portes de Séville, si cettecapitale résistait; il ordonna des dépôts de chevaux pourremonter l’artillerie, et fit partir de Bayonne, en bataillonsde marche, les conscrits destinés à recruter les corps, pen-dant le mois de repos qui leur était accordé. Trouvant que legénéral Junot, qui avait remplacé le maréchal Moncey dansle commandement du 3 e corps, et le maréchal Mortier à latète du 5 e , ne concouraient pas assez activement au siège deSaragosse, il envoya le maréchal Lannes, remis de sa chute,prendre la direction supérieure de ces deux corps, afin qu’ily eût à la fois plus de vigueur et plus d’ensemble dans laconduite de ce siège, qui devenait une opération de guerreaussi singulière que terrible.
Enfin Napoléon s’occupa de préparer l’entrée de Josephdans Madrid. Ce prince était resté jusqu’ici au Pardo, très-impatient de rentrer enfin dans sa capitale, ne l’osant pastoutefois sans l’autorisation de son frère, quoique instammentappelé à y venir par la population tout entière, qui trouvaitdans son retour le gage assuré d’un régime plus doux, et la