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[Vol. 5.]
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LIVRE XXXIII.

1809 . prince de la Paix, à Malagon l’ancien ministre des financesdon Soler. Partout où ne se trouvaient pas les armées fran-çaises , les honnêtes gens tremblaient pour leurs biens et pourleurs personnes. Napoléon, voulant faire un exemple sévèredes assassins, avait ordonné à Yalladolid l’arrestation d’unedouzaine de scélérats, connus pour avoir contribué à tous lesmassacres, notamment à celui du malheureux gouverneur deSégovie, don Miguel Cevallos, et les avait fait exécuter, malgréles instances apparentes des principaux habitants de Valla-dolid ’. — Il faut, avait-il écrit plusieurs fois à son frère, vous

1 Au roi d'Espagne.

«Valladolid, le 12 janvier 1809, à midi.

» L’opération qu’a faite Belliard est excellente. Il faut faire pendre unevingtaine de mauvais sujets. Demain j’en.fais pendre ici sept, connus pouravoir commis tous les excès, et dont la présence affligeait les honnêtes gensqui les ont secrètement dénoncés, et qui reprennent courage depuis qu’ilss’en voient débarrassés. Il faut faire de même à Madrid. Si on ne s’y débar-rasse pas d'une centaine de boute-feux et de brigands, on n’a rien fait. Surces cent, taites-en fusiller ou pendre douze ou quinze, et envoyez les autresen France aux galères. Je n’ai eu de tranquillité en France qu’en faisant ar-rêter 200 boute feux, assassins de septembre et brigands que j’ai envoyésaux colonies. Depuis ce temps l’esprit de la capitale a changé comme par uncoup de sifflet. »

Au roi d'Espagne.

«Valladolid, 16 janvier 1809.

» La cour des alcades de Madrid a acquitté ou seulement condamné à laprison les trente coquins que le général Belliard avait fait arrêter. 11 fautles faire juger de nouveau par une commission militaire, et faire fusiller lescoupables. Donnez ordre sur-le-champ que les membres de l’inquisition etceux du conseil de Castille, qui sont détenus au Retiro, soient transférés àBurgos, ainsi que les cent coquins que Belliard a fait arrêter.

» Les cinq sixièmes de Madrid sont bons ; mais les honnêtes gens ont be-soin d’être encouragés, et ils ne peuvent l’être qu'en maintenant la canaille.Ici ils ont fait l’impossible pour obtenir la grâce des bandits qu’on a condam-nés ; j’ai refusé ; j’ai fait pendre, et j’ai su depuis que, dans le fond du cœur,on a été bien aise de n’avoir pas été écouté. Je crois nécessaire que, sur-tout dans les premiers moments, votre gouvernement montre un peu devigueur contre la canaille. La canaille n’aime et n’estime que ceux quellecraint, et la crainte de la canaille peut seule vous faire aimer et estimer detoute la nation. »