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[Vol. 5.]
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leur climat dévorant, leur haine de l’étranger, leur goût à ver. iso9recommencer un genre d’aventures qui ne leur avait guèrecoûté que la peine de fuir, ce qui était facile à leur agilité età leur dénûment; et de temps en temps aussi il restait àvaincre quelque terrible résistance derrière des murailles,comme celle de Saragosse! Il est vrai cependant que Sara-gosse était le dernier effort de ce genre qu’on eût à craindrede la part des Espagnols. Tout infatigables qu’ils étaient, onpouvait les fatiguer; tout aveugles qu’ils étaient, on pouvaitles éclairer, et leur faire apprécier les avantages du gouver-nement que Napoléon leur apportait par la main de son frère.

Après Espinosa, Tudela, Somo-Sierra, la Corogne, Uclès,Saragosse, ils étaient effectivement abattus, découragés, dumoins momentanément; et si la politique générale ne venaitpas les aider à force de complications nouvelles, ils allaientêtre encore une fois régénérés par une dynastie étrangère.

Mais le secret du destin était alors impénétré et impénétrable.Napoléon recevant une lettre du prince Cambacérès, qui luisouhaitait une bonne année, lui avait répondu : Pour que vouspuissiez m’adresser le même souhait encore une trentainede fois, il faut être sage. — Mais après avoir compris qu’ilfallait être sage, saurait-il l’être ? Là, nous le répétons, était laquestion, l’unique question. Lui seul après Dieu tenait dansses mains le destin des Espagnols, des Allemands, des Po-lonais, des Italiens, et malheureusement des Français commede tous les autres.

Tandis que ses armées, après avoir pris un instant derepos, s’apprêtaient à s’élancer, celle du maréchal Soult dela Corogne à Lisbonne, celle du maréchal Victor de Madrid àSéville, celle de l’Aragon de Saragosse à Valence, il faut lesuivre lui-même des sommets du Guadarrama aux bords duDanube, de Somo-Sierra à Essling et Wagram. Il lui restaitalors quelques beaux jours à espérer, parce qu’il était encoretemps d’être sage, et que les dernières fautes, les plus irré-