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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Janv. 1809. aurait désarmé. Mais nous avons parlé au lieu d’agir, et nousallons peut-être avoir la guerre, moi pour ce que je veuxachever en Espagne, vous pour ce que vous voulez termineren Finlande et commencer en Turquie. En tout cas, je comptesur la parole de votre maître. Il m’a promis que, si le ca-binet de Vienne devenait l’agresseur, il mettrait une armée àma disposition. Qu’il remplisse ses promesses; qu’il conduiseplus activement la guerre de Finlande, de manière à en finiravec cette petite puissance qui le tient en échec; qu’il ait unearmée suffisante sur le Danube pour déjouer auprès desTurcs toutes les intrigues des Anglais et des Autrichiens coa-lisés ; qu’enfin il ait une armée imposante sur la Ilaute-Vislulepour faire comprendre à l’Autriche que le jeu est sérieuxavec nous. Quant à moi, je vais réunir sur le Danube et lePô trois cent mille Français et cent mille Allemands, et pro-bablement leur présence obligera l’Autriche à nous laisser enpaix, ce que j’aime mieux pour vous et pour moi, car dansce cas vous aurez la Moldavie et la Valachie presque sanscoup férir, et moi je pourrai sans nouvelles dépenses acheverla soumission de la Péninsule. Si ces démonstrations ne suf-fisent pas, s’il faut employer la force, eh bien! nous écrase-rons pour jamais les résistances qui s’opposent à nos com-muns projets. Mais, alliance pour la paix comme pour laguerre, alliance franche, effective, voilà ce que j’ai promis, cequ’on m’a promis, et ce que j’attends. — A ce langage d’unhomme qui n’était rien moins qu’intimidé, Napoléon ajouta cequ’il fallait de caresses pour compléter l’efîet qu’il voulaitproduire, et il obtint de M. de RomanzotF les déclarations lesplus satisfaisantes. Oelui-ci ne dissimula pas le chagrin qu’iléprouvait à voir la Russie exposée à une collision avec l’Au-triche, la difficulté des acquisitions projetées en Orient aug-mentée de toutes les difficultés que rencontrait la politiquefrançaise en Occident, en un mot le cercle de la lutte s’éten-dant au lieu de se restreindre; mais il reconnut la nécessité