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LIVRE XXXIV.
j»nr. 1809. qui devaient être transportées à la suite de l’armée sur deschariots du train. Il tira en outre de Boulogne un bataillonde 1,200 marins qui fut joint à la garde. Comme il avait sur-tout besoin d’officiers et de sous-officiers pour les nouveauxcadres, indépendamment des officiers pris dans la garde, ilen demanda 300 à Saint-Cyr. Il voulut même choisir danschaque lycée, où ne se trouvaient que des adolescents, dontles plus âgés avaient de seize à dix-sept ans, ceux qu’un dé-veloppement précoce rendait propres à la guerre, au nombrede dix par établissement. Il ne s’en tint pas à cette mesure,et ordonna à M. Fouché de faire le recensement des anciennesfamilles nobles, qui vivaient retirées dans leurs terres sansrelations avec le gouvernement, afin d’enrôler leurs fils malgréelles, et de les envoyer dans les écoles militaires. Si on seplaint, écrivit-il, vous direz que tel est mon bon plaisir, et ilajouta une raison un peu moins folle, c’est qu’il ne fallait pasque, grâce à de fâcheuses divisions, une partie des famillespût se soustraire aux efforts que faisait la génération présentepour la gloire et la grandeur de la génération future '. Il prit
1 Nous citons cette lettre extraordinaire, qui est du nombre de cellesqu’il écrivit lorsqu’il commençait à ordonner en Espagne même ses premierspréparatifs.
Au ministre de la police.
«Benavente, la 31 décembre 1808.
» Je suis instruit que des familles d’émigrés soustraient leurs enfants à la» conscription, et les retiennent dans une fâcheuse et coupable oisiveté. Il» est de fait que les familles anciennes et riches qui ne sont pas dans le» système, sont évidemment contre. Je désire que vous fassiez dresser une«liste de dix de ces principales familles par département, et de cinquante» pour Paris, en faisant connaître l’âge, la fortune, et la qualité de chaque» membre. Mon intention est de prendre un décret pour envoyer â l’école« militaire de Saint-Cyr les jeunes gens appartenant à ces familles, âgés de» plus de seize ans et de moins de dix-huit. Si l'on fait quelque objection il» n'y a pas d’autre réponse à faire, sinon que cela est mon bon plaisir. La» génération future ne doit point soufTrir des haines et des petites passions de» la génération présente. Si vous demandez aux préfets des renseignements,» faites-le dans ce sens. »