Band 
[Vol. 6.]
Seite
90
JPEG-Download
 

90

LIVRE XXXIV.

Avril 1809.

Projetsde l'archiducCharles aprèsle passagede l’Isar.

Difficultésque présentele pays entreLandshutet Ratisbonne.

l’arrivée dans cette direction était depuis long-temps annon-cée. Le généralissime autrichien forma le projet de s’avancerdroit devant lui, à travers le pays qui s’étend de l’Isar auDanube, et d’aboutir à ce dernier fleuve vers Neustadt etKelheim, en suivant la double chaussée qui de Landshutconduit à ces deux points. (Voir la carte n° 46.) Arrivé àNeustadt et Kelheim, il devait se trouver entre les deux ras-semblements connus des Français, celui d’Augsbourg et celuide Ratisbonne : il pouvait se rabattre sur ce dernier point,accabler le maréchal Davout, enlever Ratisbonne, et donnerla main au général Rellegarde. Disposant alors de près de 200mille hommes, il lui devenait facile de marcher sur le Rhin àtravers le Wurtemberg, en balayant devant lui les Françaissurpris, battus avant d’avoir pu se réunir. Mais il fallait fran-chir ce pays presque impénétrable, avant la concentrationdes Français et l’arrivée de Napoléon, et il était déjà un peutard pour réaliser ce projet ambitieux, fort approuvable dureste, s’il était aussi bien exécuté qu’il était bien conçu.

En entrant dans cette région, l’archiduc Charles trouvait àsa gauche l’Abens, courant directement vers le Danube, et s’yjetant près de Neustadt, après avoir traversé Siegenbourg, Ri-bourg, Abensberg. (Voir la carte n° 46.) A droite coulaienten passant sur son front la petite et la grosse Laber, qu’il de-vait franchir vers leur source, car elles naissent dans les en-virons pour aller se jeter dans le Danube. Il devait s’avancerainsi entre l’Abens qu’il côtoierait par sa gauche, et les deuxLaber qu’il franchirait par sa droite, marchant à travers desbois, des marécages, pour aboutir au Danube par deuxchaussées, celle de Landshut à Neustadt, et celle de Landshutà Kelheim. S’il ne voulait pas pousser jusqu’à Kelheim etNeustadt, il pouvait se rendre à Ratisbonne par un cheminplus court, en prenant à droite la chaussée dite d’Eckmühl,laquelle après avoir franchi le lit marécageux de la grosseLaber à Eckmühl même, s’élève à travers des gorges boi-