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LIVRE XXXIV.
Avril 1809. tériel d’artillerie, traînés, sur des routes défoncées parlespluies, expliquaient cette lenteur, si elles ne la justifiaient.On n’eut affaire pendant le trajet qu’à la cavalerie légère ba-varoise, avec laquelle on faisait le coup de sabre, n’ayantplus à la ménager depuis qu’à Landshut on s’était battu contreles Allemands de la Confédération du Rhin.
Le 18, l’archiduc Charles, toujours mal renseigné sur sagauche, ayant appris seulement que de ce côté il y avait desBavarois derrière l’Abens, et des Français vers Augsbourg,mais mieux informé sur sa droite, où il savait que le maré-chal Davout approchait de Ratisbonne, acquit ainsi la convic-tion que les Français étaient divisés en deux masses, et seconfirma dans la pensée de se jeter d’abord sur le maréchalDavout. Incertain encore s’il irait droit à Kelheim au bord duDanube, pour descendre ensuite le long de ce fleuve versRatisbonne ou s’il irait tout de suite à Ratisbonne en pre-nant la route transversale d’Eckmühl, il fit un pas deplus, les corps de Hiller et de l’archiduc Louis formantsa gauche le long de l’Abens, Hohenzollern et les deuxcorps de réserve formant son centre autour de Rohr, Rosen-berg formant sa droite vers Lancqwaid, sur la grosse Laber,enfin la brigade Vecsay à l’extrémité de sa ligne poussant desreconnaissances par Eckmühl et Egglofsheim sur Ratisbonne.Le moment des événements les plus décisifs approchait, carde toutes parts l’archiduc était entouré de Français et de Ba-varois, dans un pays d’une obscurité presque impénétrable, oùl’on pouvait tout à coup se trouver face à face avec l’ennemi.Trois ou quatre cent mille hommes, Autrichiens, Français,Bavarois, Wurtembergeois, Badois, Hessois, allaient se heurterdans cet espace resserré, se heurter cinq jours de suite, avecun acharnement inouï, l’avantage devant rester non pas seu-lement au plus brave, car on était brave de part et d’autre,mais à celui qui saurait le mieux se diriger au milieu de cechaos de bois, de marécages, de coteaux et de vallées 1