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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXIV.

Avril 1809. déboucher vis-à-vis d’Abensberg, près des Bavarois, avecchance même de n’étre pas aperçues des Autrichiens, tant lepays était boisé, montueux et obscur. L’avant-garde, enga-gée sur la grande route d’Eckmühl à Landshut, exposée parconséquent à donner de front sur la masse des Autrichiens,qui venaient de Landshut, devait s’avancer avec prudence et,après avoir servi de rideau aux deux colonnes d’infanterie, serabattre à droite, pour regagner le point de rendez-vousassigné à tout le corps d’armée.

Ces dispositions arrêtées avec autant de fermeté que de pru-dence, le maréchal Davout ordonna la marche pour le 19 avrilau matin. Dans la journée du 1 8 on acheva de traverser Ratis-bonne, et le soir la division Friant elle-même, ayant franchiles ponts de cette ville, passa la nuit avec le reste de l’arméesur la rive droite. Le maréchal Davout avait réservé au 65 e deligne le rôle périlleux de garder Ratisbonne contre les arméesnombreuses qui allaient l’attaquer par la rive gauche et par larive droite. 11 lui avait prescrit de fermer les portes, de barri-cader les rues, et de se défendre à outrance jusqu’à ce qu’onle dégageât, ce qui ne pouvait manquer d’arriver bientôt.

Le maréchal Le 19 au point du jour, les quatre colonnes de l’arméede Ratishoime commencèrent la marche difficile qui leur était ordonnée, lesau matin, bagages à droite le long du Danube, deux colonnes d’infan-terie au centre par des chemins de village, l’avant-garde àgauche sur la grande route de Ratisbonne à Landshut parEckmühl. Les Français partis ainsi de grand matin, et tra-versant des coteaux boisés, n’aperçurent d’abord aucun ennemi.Cependant la rencontre ne pouvait tarder, car il était impos-sible que, manœuvrant à trois ou quatre lieues les uns desautres, des centaines de mille hommes ne finissent point parse joindre et par se battre. Dans ce moment, en effet, l’ar-chiduc Charles, ayant passé la journée au camp de Rohr,sur le plateau qui sépare l’Abens de la grosse Laber, au reversmême des hauteurs que les Français étaient occupés à fran-