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LIVRE XXXIV.

Avril 1809.

Napoléon haran-gue lui-même lesBavarois et lesWurtembergeoissur le champ debataille.

d’attirer à lui le corps de l’archiduc Louis, resté devant l’Abensen chargeant le général Hiller, qui avait dû marcher toute lajournée du 19, d’occuper la position abandonnée de l’archiducLouis. 11 prit donc la résolution d’attendre le 20, entre Grubet Dinzling, la jonction de sa gauche, pour renouveler Je com-bat avec la dernière vigueur. Toutefois, il laissa à l’archiducLouis la liberté d’interpréter cet ordre, et de combattre oùil se trouverait, s’il était attaqué du côté de l’Abens.

Ce fut en effet cette prévision qui se réalisa. Dès le 20 aumatin l’archiduc Louis aperçut des masses qui débouchaient,les unes de l’Abens par Abensberg et Arnhofen : c’étaient lesWurtembergeois, les Bavarois, Demont et Nansouty ; les autresde la route de Ratisbonne par Reisig et Ruchofen : c’étaientMorand, Gudin, Jacquinot, Saiut-Sulpice. Il vit qu’il allaitêtre fort sérieusement attaqué, et au lieu de manœuvrer pourrejoindre son frère le généralissime, il songea à se défendrelà où il était, pendant que le corps de Hiller, amené de Main-bourg sur l’Abens, viendrait à son secours.

En ce moment, Napoléon, placé sur le plateau en avantd’Abensberg, vit défiler devant lui les Wurtembergeois, lesBavarois, qui allaient se mettre en ligne, et que l’orgueil decombattre sous ce grand homme remplissait de sentimentstout français. Il les harangua les uns après les autres (des of-ficiers wurtembergeois et bavarois traduisant ses paroles), etleur dit qu’il ne les faisait pas combattre pour lui, mais poureux, contre l’ambition de la maison d’Autriche désolée de neles plus avoir sous son joug ; que cette fois il leur rendraitbientôt et pour toujours la paix, avec un tel accroissement depuissance, qu’à l’avenir ils pourraient se défendre eux-mêmescontre les prétentions de leurs anciens dominateurs. Sa pré-sence et ses paroles électrisèrent ces Allemands alliés, quiétaient flattés de le voir au milieu d’eux, entièrement livré àleur loyauté, car en cet instant il n’avait pour escorte que desdétachements de cavalerie bavaroise.