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nuit le prince Eugène ayant cru devoir pousser la retraite A ™i 1809.jusqu’à Conegliano, pour se couvrir le plus tôt possible de laPiave, le mauvais temps, l’encombrement des voitures d’ar-tillerie et des bagages, leur croisement avec les troupes, pro-duisirent un désordre fâcheux. Les soldats, peu surveilléspar leurs chefs au milieu de cette confusion, se répandirentdans les maisons, au risque d’y être faits prisonniers. L’ar-mée qui sur le champ de bataille avait perdu environ troismille et quelques cents hommes, perte à peu près égale àcelle des Autrichiens, perdit encore trois mille hommes ensoldats pris ou égarés. Bientôt le désordre s’augmentant parsuite d’un temps effroyable qui fit déborder les rivières etrendit les routes impraticables, on arriva derrière la Piavedans un état qui n’honorait point cette armée d’Italie, jadis siadmirable. Heureusement les Autrichiens, peu accoutumés àla vaincre, pressés de jouir de leur victoire, et retardés parle temps qui rendait leur poursuite aussi difficile que notreretraite, restèrent plusieurs jours sans attaquer le princeEugène. Ils lui laissèrent ainsi le loisir de se remettre de sadéfaite, et d’en arrêter les conséquences. Il avait été rejointen route, mais trop tard, par la division d’infanterie Lamar-que et par la division de cavalerie Grouchy. Il lui arriva enoutre, ce qui dans le moment valait mieux qu’un renfort, c’est-à-dire un général, et ce fut l’illustre Macdonald, l’un desmeilleurs officiers de la révolution, bien qu’il eût perdu labataille de la Trebbia. Ses liaisons avec Moreau l’avaient Al ! i ïf e ? u s* 1 *:condamné à vivre pendant plusieurs années dans une sorte dItalie -
de disgrâce, et à languir dans l’inaction, tandis que ses pa-reils d’âge ou de services, quelques-uns même ses inférieurs,obtenaient des fortunes brillantes. Le grand besoin qu’onavait de généraux et d’officiers, par suite de guerres conti-nues , obligeait de revenir à beaucoup de ceux qu’on avaitnégligés. N’ayant pas voulu envoyer Masséna en Italie àcause du prince Eugène, qu’il craignait de réduire à un rôle
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