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LIVRE XXXV.
Avril 1809. puter le Tyrol aux forces autrichiennes, avaient cherché às’aider des obstacles locaux en détruisant les ponts, ce queles habitants n’avaient pas voulu souffrir, afin de conserverà leurs montagnes ces indispensables moyens de communi-cation. Ils s’étaient donc tous insurgés à la fois, avec unespontanéité qui n’appartient qu’à la passion la plus vive.Dans toutes les vallées du Tyrol italien, de Lienz à Brixen,de Meran à Brixen, enfin depuis Brixen jusqu’à Rivoli, cen’avait été qu’un élan, qu’un cri, au milieu de ces hautes etbelles montagnes. Au revers de la grande chaîne du Brenner,dans le Tyrol allemand, le soulèvement avait été aussi promptque général. Dans cette contrée comme en Suisse, les auber-gistes qui vivent des relations avec les étrangers, étant lesplus riches et les plus éclairés, un personnage de cette pro-fession, le nommé André Hofer, avait pris sur ses compatrio-tes un ascendant irrésistible. Quelques anciens militaires dupays, formés au service d’Autriche, étaient également lesagents les plus actifs de la révolte. Parmi eux un major Tei-mer s’était particulièrement distingué. La France ayantexigé la réunion sur l’Isar de toute l’armée bavaroise, iln’était resté en Tyrol qu’environ 5 mille Bavarois, répandussur les deux versants du Brenner, de Brixen à Inspruck. Enfait de troupes françaises, il s’y trouvait, en deux colonnes,un rassemblement d’environ 4 mille conscrits, allant d’Italieen Allemagne recruter les divisions Boudet et Molitor, lescuirassiers Espagne, et les chasseurs de Marulaz. C’étaientdes soldats qui n’avaient jamais vu le feu, qui étaient ren-fermés dans des cadres provisoires de marche, et com-mandés par des officiers de dépôt, la plupart vieux oufatigués. Plus de 20 mille montagnards intrépides, enthou-siastes, tireurs redoutables, joints à 12 mille Autrichiens,ayant à combattre 4 à 5 mille Bavarois et 3 à 4 mille con-scrits français, ne pouvaient pas rencontrer une résistancebien longue.