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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Avril 1809.

Le prince Char-les s’arrête à (aposition de Chainavant de scréfugieren Bohême.

soit à Lintz, soit à Krems, de s’y rallier au général Hiller età l’archiduc Louis, et même, s’il le pouvait, d’y amener l’ar-chiduc Jean par le Tyrol insurgé. Le général Hiller et l’archi-duc Louis, rejetés par Landshut au delà de l’isar en Bavière,avec environ 40 mille hommes, n’avaient, de leur côté, pasmieux à faire que de disputer les lignes de l’Inn, de la Traun,de l’Enns, affluents du Danube, de retarder ainsi la marche deNapoléon, et de donner aux archiducs Charles et Jean letemps de se réunir à eux, pour couvrir Vienne avec toutesles forces de la monarchie. C’est en effet le plan qu’adoptal’archiduc Charles, et qu’il prescrivit à ses frères, ce quiachevait de justifier complètement la marche de Napoléon lelong du Danube, puisqu’elle le plaçait sur le chemin directde Vienne, entre tous les archiducs, de manière à les isolerles uns des autres, et à les devancer sur tous les points deconcentration.

Conformément au plan arrêté, l’archiduc Charles se hâta enquittant Ratisbonne de venir prendre position à Cham, à l’en-trée des défilés de la Bohême. Il s’établit entre les deux rou-tes de Furth et de Roetz, qui mènent à Pilsen, ayant le corpsde Rosenberg à gauche, celui de Hohenzollern à droite, celuide Kollovrath au milieu, le prince Jean de Liechtenstein enarrière avec les grenadiers et les cuirassiers, et enfin le corpsde Bellegarde détaché au couvent de Schœnthal. Cette posi-tion de Cham était très-forte, et valait la peine d’être dis-putée, si on était vivement poursuivi. Le prince Charles yattendit son matériel, ses traînards, ses égarés, résolu à sedéfendre avec les quatre-vingt mille hommes qui lui restaient,s’il était de nouveau attaqué par les Français. Le maréchalDavout l’y suivit par Nittenau, non point dans l’intention delui livrer bataille; mais dans celle d’observer sa marche etde connaître ses projets. Voulant toutefois, sans engager lecombat, conserver l’ascendant des armes, il refoula brusque-ment les avant-postes autrichiens jusque près de Cham, et