Band 
[Vol. 6.]
Seite
198
JPEG-Download
 

193

LIVRE XXXV.

.Mai 1809.

Résultats dupomhatd’Ebcrsberg*

.Jugement deNapoléon surl'affaired'Ebersberg.

Marche tardivede l'archiducCharlessur Lintz,

secours. Cette échauifourée nous coûta 17 cents hommes tués,noyés, brûlés ou blessés. Les Autrichiens perdirent 3 mille hom-mes mis hors de combat, 4 mille prisonniers, beaucoup de dra-peaux et de canons. Us s’en allèrent terrifiés par tant d’audace.Nous avions donc de grands dédommagements de cette cruellejournée, et l’effet moral en devait égaler l’effet matériel.

Napoléon était accouru au galop, attiré par la violence dede la canonnade. Quoique fort habitué aux horreurs de laguerre, tous ses sens furent révoltés à la fois par cet abomi-nable spectacle, que ne justifiait point assez la nécessité decombattre, et sans l’admiration qu’il avait pour le génie guer-rier de Masséna, sans le cas qu’il faisait toujours de l’énergie,il aurait peut-être exprimé un blâme contre ce qui venait dese passer. Il n’en fit rien, mais ne voulut point séjourner dansÉbersberg, et s’établit en dehors au milieu de sa garde.

L’archiduc Charles, malgré le projet fort arrêté de se réu-nir à ses frères, derrière la Traun, par Lintz ou Mauthausenn’avait ni marché assez vite, ni assez bien calculé ses mouve-ments , pour arriver à Lintz en temps utile. Il n’était qu’àBudweis en Bohême (voir la carte n° 14), quand Masséna dé-passait si impétueusement Lintz et Ébersberg, et il ne luirestait plus que le débouché de Krems auquel il pût atteindre.Le général Hiller et l’archiduc Louis allaient s’y rendre parEnns, Amstetten, Saint-Polten, en continuant de détruire tousles ponts sur les rivières qui coulent des Alpes Noriques dansle Danube. Quant à l’archiduc Jean, il était encore moinsprobable qu’il pût arriver assez tôt, qu’il osât même s’engagerdans les Alpes, en laissant à sa gauche le prince Eugène, eten s’exposant à rencontrer à sa droite la grande armée deNapoléon, dans laquelle il serait tombé comme dans un abîmeIl ne fallait donc guère compter sur lui. Mais il suffisait pourramener quelque chance heureuse, que l’archiduc Charlesdonnât la main par Krems au général Hiller et à l’archiducLouis, qui opéraient leur retraite le long du Danube, car