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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Mai 1809.

Mesures pour as-surer la jonctiondu prince Eugèneavec Napoléonet empêchercelle de l’archi-duc Jean avecl’archiducCharles.

Distributionde la cavalerieen re'seau

avec 24 mille Bavarois, après en avoir laissé 6 mille à Munich.Cette œuvre terminée, les Bavorois devaient se porter à Pas-sau , et y remplacer les Saxons, qui pourraient dès lors serendre à Vienne. Plus près de lui, en Styrie, Napoléon avaitdéjà envoyé le général Bruyère avec un millier de chevauxsur la route d’Italie, par Lilienfeld. 11 confia la mission d’ob-server cette route à son aide de camp Lauriston, en lui don-nant, outre ces mille chevaux du général Bruyère, deux àtrois mille fantassins badois, bons soldats, lesquels parlantallemand, étaient propres à persuader le pays autant qu’àl’intimider, et à le ramener au calme par la promesse de bonstraitements. Le général Lauriston devait remonter jusqu’àMariazell, et regagner Vienne par Neustadt.

Un autre avantage de ce mouvement était d’éclairer lesroutes d’Italie par lesquelles il fallait s’attendre à voir bien-tôt paraître l’archiduc Jean. Ce prince n’étant venu se réunirà l’archiduc Charles, ni à Lintz, ni à Krems, ne pouvait le re-joindre qu’aux environs de Vienne, à travers la Carinthie, laStyrie et la Hongrie, par Klagenfurth, Gràtz et OEdenbourg.(Voir la carte n° 31.) Napoléon avait deux choses à faire àson égard : la première, de l’empêcher de tomber à l’impro-viste sur Vienne, en débouchant brusquement par la routede Léoben et Neustadt (voir la carte n° 32); la seconde, de lecontraindre à décrire le plus grand détour possible pour seréunir à l’archiduc Charles, de l’obliger, par exemple, à pas-ser par Gtlns, Raab et Komorn, plutôt que par OEdenbourget Presbourg, car plus le cercle qu’il parcourrait serait grand,plus Napoléon aurait de chances de rallier à lui son arméed’Italie, et d’empêcher l’archiduc Charles de rallier la sienne,le jour de la bataille décisive. C’est en étendant habilementses postes autour de lui au moyen de sa nombreuse cavalerie,que Napoléon atteignit ce double but.

Ainsi tandis que le général Lauriston devait venir par Maria-zell s’établir à Neustadt, route directe d’Italie, le général Mont-