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sept pieds venait encore de s’élever de sept, ce qui faisait Mai 1809une crue totale de quatorze pieds. La fortune donnait doncde nouveaux signes d’inconstance à Napoléon, ou pour mieuxdire la nature des choses, qui ne se plie pas à la volonté desconquérants, lui donnait de nouveaux avis! Mais si c’étaitune faute d’avoir voulu passer le Danube dans la saison descrues subites, et avec un matériel insuffisant, il n’y avait plusà reculer maintenant, et une portion de l’armée étant passée,il fallait la soutenir, et sortir de ce mauvais pas à force d’é-nergie. Les généraux Bertrand et Pernetti se remirent à l’ou-vrage pour réparer le grand pont, et affirmèrent itérativementqu’ils maintiendraient le passage. Avant la pointe du jour,en effet, le pont fut réparé, la communication rétablie. Labelle division Saint-Hilaire, les deux divisions d’Oudinot(composant à elles trois le corps de Lannes), la garde à pied,une seconde brigade des cuirassiers Nansouty, toute l’artille-rie des corps de Masséna et de Lannes, une réserve d’artillerieattachée aux cuirassiers, deux divisions de cavalerie légère,et enfin la petite division Demonl, formée des quatrièmes ba-taillons du corps de Davout, passèrent à la fin de la nuit etvers le point du jour. Les parcs continuèrent à défiler entreles intervalles de chaque corps. Ainsi les 23 mille hommesavec lesquels la bataille avait commencé la veille au milieu dujour, ayant été portés le soir à 30 mille, par l’arrivée de ladivision Carra Saint-Cyr et des cuirassiers Saint-Germain,furent portés à environ 60 mille par ce dernier passage exé-cuté le 22 au matin. C’était assez pour vaincre. Malheureu-sement l’artillerie était insuffisante, car Lannes, Masséna etla grosse cavalerie ne comptaient pas plus de 144 pièces decanon, et il fallait soutenir l’effort de 300 bouches à feu queles Autrichiens pouvaient mettre en batterie. Toutefois si,avec 30 mille hommes et 50 pièces de canon, on avait laveille arrêté les Autrichiens, on devait les battre aujourd’huiavec 60 mille et 150 bouches à feu. La chose était certaine