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LIVRE XXXV.
Juin 1809. le 22 juin, sans en avoir endommagé les ouvrages et sansy avoir dépensé ni beaucoup de munitions, ni beaucoupd’hommes.
D’après les ordres précis et fort détaillés de Napoléon, laplace de Raab fut armée de nouveau, et mise en meilleur étatde défense qu’auparavant. On y introduisit des munitions deguerre et de bouche; on lui composa une garnison formée detous les hommes fatigués ou malades de l’armée d’Italie; onfit aux ouvrages les réparations indispensables ; enfin Napo-léon lui donna un illustre commandant : ce fut le comte deNarbonne, jadis ministre de la guerre sous Louis XVI, l’undes derniers survivants de l’ancienne noblesse française, re-marquable à la fois par le courage", l’esprit et l’élégance desmœurs. II venait de se rattacher à l’Empereur, qui, avant del’employer dans des postes éminents, voulait lui faire acheterson entrée au service par une mission peu élevée, mais quisupposait une véritable confiance.
Napoléon éche- Napoléon fit ramener sur Vienne toute l’artillerie inutile à
lonne ses corps 1
d 8 vi"lne S " r Presbourg et à Raab, replier sur les hôpitaux de la Lombardieet de la Haute-Autriche les blessés des armées d’Italie et deDalmatie, ne voulant laisser en prise à l’ennemi ni un canon,ni un homme. Il ordonna au prince Eugène, aux générauxMacdonald, Broussier et Marmont, de se préparer à marcherau premier signal, de ne conserver dans le rang ni un écloppé,ni un malade, d’avoir leut artillerie bien attelée et bien ap-provisionnée, de confectionner du biscuit pour nourrir leurstroupes pendant une semaine, de se procurer de la viandesur pied prête à suivre, de tout disposer enfin pour être ren-dus à Vienne en trois jours au plus. Le prince Eugène, can-tonné à Raab, pouvait franchir en trois jours la distance quile séparait de Vienne. Les généraux Marmont, Broussier,Macdonald furent échelonnés de façon à exécuter le trajetdans le même espace de temps. Le maréchal Davout n’avait,lui, que deux marches à faire. 11 fut convenu que le prince