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[Vol. 6.]
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LIVRE XXXV.

Juillet 1809.

Dans l'espéranced’en finir le soirmême du 5, Na-poléon ordonnesur le centre desAutrichiens uneattaque qui neréussit pas.

puisqu’en cet endroit, outre l’armée d’Italie et les Saxons, ily avait l’armée de Dalmatie, la garde impériale, les Bavarois,toute la grosse cavalerie. Cette disposition était assurémentla meilleure, celle qui permettait de pourvoir le plus vite auxchances diverses de la bataille, en se jetant rapidement ou àdroite ou à gauche suivant le besoin, celle aussi qui permet-tait de frapper l’armée autrichienne à son endroit faible, c’est-à-dire au milieu de la ligne. En effet, ici comme à Essling,l’archiduc Charles voulant envelopper l’armée française pourl’empêcher de déboucher, s’était affaibli au centre, et donnaitprise sur ce point à la puissante épée de son adversaire.

Cet état de choses, qui ne pouvait échapper à un œil aussiexercé que celui de Napoléon, lui inspira la tentation d’enfinir le soir même par un acte décisif, qui l’aurait dispenséde verser le lendemain des torrents de sang. Tous les rap-ports indiquaient que l’ennemi ne tenait nulle part, et se re-tirait avec une étrange facilité. L’archiduc Charles en effet,surpris par la soudaine apparition de l’armée française, n’avaitdonné à ses avant-gardes que l’instruction de se replier. Na-poléon espéra donc, sur le rapport trop légèrement accueillide quelques officiers, qu’en exécutant à la chute du jour uneattaque brusque sur le plateau de Wagram, on enlèverait lecentre de l’ennemi avant qu’il eût suffisamment pourvu à sadéfense, et que l’armée autrichiennne, coupée en deux, se re-tirerait d’elle-même, ce qui réduirait la fin de la campagne àla poursuite active et destructive des deux fractions de cettearmée. Ici se faisait sentir l’inconvénient d’agir avec des mas-ses d’hommes énormes, et sur des espaces immenses. Le gé-néral en chef ne pouvant plus ni tout voir, ni tout diriger enpersonne, était réduit à s’en fier à des lieutenants qui obser-vaient médiocrement, et qui souvent même, comme on vaen juger, agissaient sans ensemble.

Napoléon ordonna donc, avec une imprudence qui ne répon-dait pas à l’admirable prévoyance déployée dans ces journées,