LE DIVORCE.
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aume d’Italie. Il fallait donc non-seulement renoncer au trônede France, auquel il n’avait après tout ni aspiré, ni cru, maisau trône d’Italie, qu’une longue possession semblait l’avoirdestiné à conserver comme patrimoine. Il se rendit néan-moins auprès de l’Empereur, résigné à tout, souffrant pourles siens bien plus que pour lui-même. Napoléon, qui l’ai-mait, le serra dans ses bras, lui expliqua ses motifs, lui dé-montra l’impossibilité de le faire régner lui Beauharnais surles Bonaparte si difficiles à soumettre, et lui retraça ses pro-jets pour conserver aux Beauharnais une existence conformeaux quelques années de grandeur dont ils avaient joui. Ilconduisit ensuite les deux enfants de Joséphine à leur mère.L’entrevue fut longue et douloureuse. — 11 faut que notremère s’éloigne, répétait Eugène, comme déjà l’avait dit lareine de Hollande, il faut que nous nous éloignions avec elleet que tous ensemble nous allions expier dans la retraite unegrandeur éphémère, qui a troublé plus qu’embelli notre exis-tence. — Napoléon, ému, bouleversé, pleurant comme euxleur dit qu’il fallait au contraire rester auprès de lui, avecleur mère, dans tout l’éclat de situation où il voulait les main-tenir, pour bien attester que Joséphine n’était ni répudiée nidisgraciée, mais sacrifiée à une nécessité d’État, et récom-pensée de son noble sacrifice par la grandeur de ses enfants,et par la tendre amitié de celui qui avait été son époux. —Après beaucoup d’exagérations, car les exagérations apaisentla douleur comme les larmes elles-mêmes, les enfants de Jo-séphine, comblés des témoignages d’affection de Napoléon,éprouvèrent un soulagement qui passa dans le cœur de leurmère. Un peu de calme succéda à ces violentes agitations,mais elles laissèrent sur le noble visage de Napoléon des tra-ces profondes, dont furent frappés ceux qui ne le croyaientcapable de concevoir dans son àme impérieuse que des vo-lontés fortes et aucune affection tendre. Le sacrifice étantfait, il fallait le rendre irrévocable. Le 15 décembre fut le
Déc. 1809.
Longue entrevuede famille danslaquelle le di-vorce est défini-tivement con-venu.