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LIVRE XXXVII.
Mars 1810.
aux mains fran-çaises àBraunau.
Entrée de l’im-pératrice àStrasbourg le23 mars.
Première entre-vue de Napoléonavec Marie-Louise à Com-pïègne le 27mars.
comme pour le mariage de 1770, objet d’une constante imi-tation. Trois pavillons liés l’un à l’autre, le premier réputéautrichien, le second neutre, le troisième français, avaient étédressés pour recevoir la jeune Impératrice. Elle fut amenéedu pavillon autrichien dans le pavillon neutre par la maisonde son père, et là confiée au prince Berthier, représentant del’Empereur, avec la dot, les joyaux, le contrat de mariage,puis introduite dans le pavillon français, où la reine de Na-ples, sœur de Napoléon, la reçut en l’embrassant. De Braunauon la conduisit à Munich, de Munich à Strasbourg, partout ac-compagnée par les acclamations des populations allemandeset françaises, à travers lesquelles passait ce spectacle étrange,de la fille des Césars allant épouser le soldat heureux, vain-queur de la Révolution française et de l’Europe. A la fièvrede la guerre avait succédé une fièvre de joie et d’espérance.
Le 23 mars, l’impératrice Marie-Louise entra à Strasbourg,accueillie par le même enthousiasme populaire. Elle passapar Lunéville, Nancy, Vitry. C’est à Compiègne qu’elle devaitvoir Napoléon pour la première fois entouré de toute sa cour.Mais, afin de lui épargner l’embarras d’une entrevue officielle,Napoléon partit de Compiègne avec Murat, et alla la surpren-dre en route. Il se jeta dans ses bras, et sembla content dugenre de beauté et d’esprit qu’il crut apercevoir en elle à lapremière vue. Une femme bien constituée, bonne, simple,convenablement élevée, était tout ce qu’il désirait. Il parutparfaitement heureux en entrant avec elle dans le château deCompiègne, le 27 mars au soir.
Ils y restèrent jusqu’au 30. Ce jour-là ,il partit avec lanouvelle Impératrice pour Saint-Cloud, où devait se célébrerle mariage civil. Les cérémonies qui avaient eu lieu à Vienne,conformément aux usages des anciennes cours, suffisaientpour rendre le mariage complet et irrévocable. Leur renou-vellement à Paris n’était plus qu’une forme, une solennité dueà la nation chez laquelle venait régner la nouvelle souveraine.