SUR TALAVERA.
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Le roi Joseph à l’Empereur.
» Madrid, le 30 août 1800.
» Sire,
» J’ai l'honneur d'adresser à Votre Majesté le rapport de M. le maré-chal Jourdan sur les opérations de l’armée de Votre Majesté, depuis le23 juillet jusqu’au 15 août. J’ai chargé un officier de porter le doublede ce rapport à Votre Majesté, mais il est probable que cette copieportée par l’estafette vous arrivera la première. L’officier porte aussi àVotre Majesté le rapport du maréchal Victor, que Votre Majesté ne lirapas sans peine : il est difficile de concevoir l’aveugle passion qui l'a dicté;j’ai été forcé par le sentiment de mon honneur et de celui de l’arméede lui faire la réponse ci-jointe. Si Votre Majesté éprouve quelque plai-sir des succès qui ont couronné ses armes en Espagne et de nos effortspour y contribuer, je lui demande en grâce, au nom de ses intérêts lesplus chers, de donner une destination en Allemagne, en France ou enItalie au maréchal Victor, et même au maréchal Ney. Ce dernier n’obéitni au maréchal Soult, ni à’moi.
» Je suis occupé à faire rétablir les communications. Nous avons perduplusieurs estafettes, deux venant de France et trois y allant, ces der-nières portaient à Votre Majesté mes dépêchés après les affaires de Ta-lavera et d’Almonacid. L'ennemi n’y aura appris que ses désastres. Jen’ose pas confier à l’estafette le rapport du maréchal Victor.
» Je renouvelle à Votre Majesté la demande qu elle daigne me per-mettre de prendre pour ma garde vingt hommes par régiment, elle estfort affaiblie.
» Le général Strolz, mon aide de camp, a eu le bonheur de comman-der la brigade qui a fait prisonnier le 23 e régiment de cavalerie anglais.Je prie Votre Majesté de le nommer officier de la Légion d’honneur,] ilest déjà légionnaire, c’est une récompense qu’il regarde comme au-dessusde tout ce qu’on pourrait faire pour lui. C’est le même officier queVotre Majesté chargea d’une reconnaissance en arrivant à Vittoria, etqui, en ayant rendu compte à Votre Majesté à Burgos, mérita qu’elleme dit : « Voilà un officier de la bonne roche. » Il l’a prouvé au combatd’Alcabon, à Talavera et à Almonacid.
» De Votre Majesté, sire, le dévoué serviteur et affectionné frère,
» Joseph.»
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