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DOCUMENTS
«/l l’honorable J.-H. Frère.
» Pont de l’Arzubispo, le 4 août 1809.
«Depuis ma lettre d’hier, les choses ont changé au pire.
«Après vous avoir écrit, j’appris que l’ennemi était arrivé à Naval-moral, qu’il se trouvait ainsi maître d’Alvaraz, et que le pont de cetteplace avait été détruit par le marquis de la Reyna qui s’y était retiréde Banos.
«Peu après, je reçus une lettre du général O’Donoju , par laquelle ilm’informait que le corps français qui était entré par Banos consistait en30 mille hommes, et qu’il était composé de tontes les troupes qui avaientété dans le nord de l’Espagne. Il m'informait en outre que le généralCuesta craignant que je ne fusse pas assez fort contre eux, ayant d’ail-leurs, d'après des lettres interceptées et les rapports de sir Robert Wil-son du voisinage d’Escalona, sujet d'appréhender que l’ennemi ne seproposât de me serrer par derrière tandis que j'aurais déjà à me battrepar devant, et qu’ainsi il ne fût coupé de moi, s’était déterminé à abon-donner Talavera hier au soir.
«Tout ce qui faisait ma sûreté m’était ainsi enlevé, et on laissait enarrière près de 4,500 de mes soldats blessés. J’eus à examiner sérieu-sement alors ce que je devais recommander au général de faire. Nousne pouvions regagner le terrain du pont d’Almaraz sans une bataille, etselon toutes les probabilités nous aurions eu en à livrer une secondecontre 50 mille hommes avant que le pont pût être rétabli, en suppo-sant que nous eussions réussi dans la première. Nous ne pouvions res-ter à Oropesa où nous nous trouvions, la position étant sans valeur parelle-même et susceptible d’être coupée par Calera de cette place-ci, sonseul point de retraite.
«Je préférai et je recommandai cette retraite: d’abord, par la consi-dération des pertes que nous autres, Anglais, aurions éprouvées dansces affaires successives, sans chance de pouvoir prendre soin de nosblessés.
«Secondement, par la considération que s’il était vrai que 30 millehommes fussent venus se joindre aux forces des Français dans cette par-tie de l’Espagne, il nous était tout à fait impossible de prendre l’offen-sive. Il fallait qu’il fut fait une diversion en faveur des armées se trou-vant dans ces quartiers-ci, par quelque autre corps vers Madrid, pourobliger les Français à détacher une partie de leurs forces vers ce point,et nous permettre ainsi de reprendre l’offensive.
«En troisième lieu, pour que ces opérations et ces batailles pussentréussir, il était nécessaire que les longues marches à faire fussent exé-