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[Vol. 6.]
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LETTRES DE NAPOLÉON.

déshonorante; dangereuse, parce que les Anglais voyant que la Francen'est pas en mouvement et qu’aucune direction n'est donne’e à l'opinionpublique, n'auront rien à craindre et ne se presseront pas d’évacuernotre territoire; déshonorante, parce qu’elle montre la peur de l'opinionet qu elle laisse 25 mille Anglais brûler nos chantiers sans les défendre-La couleur donnée à la France dans ces circonstances est un déshon-neur perpétuel. Les événements changent à chaque instant. Il est im-possible que je donne des ordres qui n’arriveront que quinze jours après.Les ministres ont le même pouvoir que moi, puisqu’ils peuvent tenirdes conseils et prendre des décisions. Employez le prince de Ponte-Corvo, employez le maréchal Monccy. J’envoie de plus le maréchal Bes-sières, pour être à Paris en réserve. J’ai ordonné la levée de 30 millehommes de gardes nationales. Si les Anglais font des progrès, levez-en30 mille autres dans les mêmes ou dans d’autres départements. 11 estbien évident que les Anglais en veulent à mon escadre et à Anvers.

«Je suppose que dès le 4 vous aurez fait partir tout ce qui était àBoulogne pour Anvers. J'espère que le général Rampon se sera égale-ment approché d’Anvers. 11 est évident que l'ennemi sentant la difficultéde prendre Flessingue, veut marcher droit sur Anvers et tenter un coupde main sur l’escadre.

» Napoléon. »

«A Varchichancelier.

«Schcenbrunn, 19 août 1809.

»Je reçois votre lettre du 6. J’admire votre tranquillité, quand vouscroyez qu'il y a 40 mille Anglais sur nos côtes et que vous savez quele général Sainte-Suzanne, officier de mérite, sur lequel je m’étais re-posé de la défense du Nord, est malade. Vous auriez dû tenir un con-seil pour savoir s’il fallait donner le commandement au roi de Hollande.Ce parti est le plus absurde de tous. Le roi de Hollande pensera àcouvrir Amsterdam, et vous laissera prendre dans votre lit à Paris. Ily a vraiment du vertige. Votre conduite dans cette circonstance metl’alarme en France. On croit d’autant pins qu’on voit moins. 11 y auraonze jours de perdus lorsque vous recevrez mes lettres. Les Anglaisauraient dû être sur le point de se rembarquer. Vous auriez dû tenirde fréquents conseils dans cette circonstance inopinée.

» Napoléon. »

« Au ministre de la guerre.

«Schœnbrunn, 16 août 1869,

«Voici mes ordres sur ce qu’il y a à faire contre l’expédition an-glaise. Je vous ai donné les mêmes ordres à plusieurs reprises dans