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Tome premier.
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PARTIE 11, LIVBE nu. ( 1753 .)buer malgré moi, fut pris en plaisanterie, et ne fit pas la moindrepeine à son auteur ; au lieu que la Lettre .sur la musique fut priseau sérieux, et souleva contre moi toute la nation, qui se crut of-fensée dans sa musique. La description de l’incroyable effet decette brochure seroit digne de la plume de Tacite. C’étoit le tempsde la grande querelle du parlement et du clergé. Le parlementvenoit d’être exilé; la fermentation étoit au comble : toutmena-çoit d’un prochain soulèvement. La brochure parut; à l'instanttoutes les autres querelles furent oubliées: on ne songea qu’aupéril de la musique françoise, et il n’y eut plus de soulèvementque contre moi. Il fut tel que la nation n’en est jamais bien reve-nue. A la cour on ne balançoit qu’entre la Bastille et l’exil ; et lalettre de cachet alloit être expédiée, si M. de Voyer n’en eût faitsentir le ridicule. Quand on lira que cette brochure a peut-êtreempêché une révolution dans l’état, on croira rêver. C’est pour-tant une vérité bien réelle , que tout Paris peut encore attester,puisqu'il n’y a pas aujourd’hui plus de quinze ans de cette singu-lière anecdote (*).

Si l’on n’attenta pas à ma liberté, l’on ne m’épargna pas dumoins les insultes ; ma vie même fut en danger. L’orchestre del’Opéra fit l’honnête complot de m’assassiner quand j’en sortirois.On me ledit; je n’en fus que plus assidu à l’Opéra, et je ne susque long-temps après que M. Ancelet, officier des mousquetaires,qui avoit de l’amitié pour moi, avoit détourné l’effet du comploten me faisant escorter à mon insu à la sortie du spectacle. Laville venoit d’avoir la direction de l’Opéra. Le premier exploitdu prévôt des marchands fut de me faire ôter mes entrées,et celade la façon la plus malhonnête qu’il fût possible, c’est-à-dire enme les faisant refuser publiquement, à mon passage ; de sorte queje fus obligé de prendre un billet d’amphithéâtre, pour n’avoirpas l’affront de m’en retourner ce jour-là. L’injustice étoit d’au-tant plus criante, que le seul prix que j’avois mis à ma pièce, enla leur cédant, étoit mes entrées à perpétuité; car, quoique cefût un droit pour tous les auteurs, et que j’eusse ce droit à dou-ble titre, je ne laissai pas de le stipuler expressément en présence

O Ne peut-on pas croire «uissi que, pour détourner l'attention publique d'objetsplus importais et opérer au moins une divcrs’on utile à ses intérêts, l; gouverne-ment lui-même attisa la qu-relie des deux musiques? Nous avons eu sous le gouver-nement impérial des exemples de cet e tactique cfuu effet presque toujours sur parminous, qui rendent celte opinion un moins très probable.