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Tome premier.
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PARTIE II, LIVRE VIII. (175J-175G.) 383

qu'avec tout mon zèle ardent et patriotique j’eusse fait rien degrand et d’utile pour mon pays.

Tronchin , qui, dans le même temps à peu près, fut s’établir àGenève, vint quelque temps après à Paris faire le saltimbanque,et en emporta des trésors. A son arrivée, il me vint voir avec lechevalier de Jaucourt. Madame d’Épinay souhaitoit fort de le con-sulter en particulier, mais la presse n’étoit pas facile à percer. Elleeut recours à moi. J’engageai Tronchin à l’aller voir. Ils commen-cèrent ainsi, sous mes auspices, des liaisons qu’ils resserrèrentensuite à mes dépens. Telle a toujours été ma destinée : si'ôt quej’ai rapproché l’un de l’autre deux amis que j’avois séparément,ils u’ont jamais manqué de s’unir contre moi. Quoique daus lecomplot que formoient dès-lors les Tronchins d’asservir leur pa-trie , ils dussent tous me haïr mortellement, le docteur pourtantcontinua long-temps à me témoigner de la bienveillance. Il m’é-crivit même après son retour à Genève, pour m’y proposer la placede bibliothécaire honoraire. Mais mon parti étoit pris, et cette offrene m’ébranla pas.

Je retournai dans ce temps-là chez M. d’Holbach. L’occasion euavoit été la mort de sa femme, arrivée, ainsi que celle de madameFrancueil, durant mon séjour à Genève. Diderot, en me la mar-quant, me parla de la profonde affliction du mari. Sa douleur émutmon cœur. Je regrettois moi-même cette aimable femme. J’écrivissur ce sujet à M. d’Holbach (a). Ce triste événement me fit oubliertous ses torts; et lorsque je fus de retour de Genève, et qu’il fut deretour lui-même d’un tour de France qu’il avoit fait pour se dis-traire , avec Grimm et d’autres amis, j’allai le voir, et je conti-nuai, jusqu’à mon départ pour l’Ermitage. Quand on sut danssa coterie que madame d’Épinay, qu’il ne voyoit point encore,m’y préparait un logement, les sarcasmes tombèrent sur moicomme la grêle , fondés sur ce qu’ayant besoin de l’encens et desamusements de la ville, je ne soutiendrais pas la solitude seule-ment quinze jours. Sentant en moi ce qu’il en étoit, je laissaidire, et j’al'ai mon train. M. d’Holbach ne laissa pas de m’êtreutile (') pour placer le vieux bonhomme Le Vasseur, qui avoit

(fl) Vau. ... M. d'Holbach ; il me répondit honnêtement. Ce....

0) Voici nn exemple dis tours que me joue nu mémoire. Long-temps après avoir^crit ceci, je vif/.sdap;>rendrc, en causant avec nu femme de son vieux bonhommede père, que ce ne fut point M. d'iiojuach, nuis M. de Clv noiiceaux, alors un drsadministrateurs de 1 Hô cl-Dieu, qui le lit placer. J'en avois si total» ment perdu l'i-dée, que j'avois celle de m, d'Holbach si présente, et j'aurois juré pour ce dernier.