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Tome premier.
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LES CONFESSIONS.

« Dans la même lettre, M. l’abbé Trublet me marque qu’il<i tient la feuille en réserve , et ne la prêtera point sans mon con-« sentement, qu’assurément je ne donnerai pas. Mais cetexem-« plaire peut n’être pas le seul à Paris. Je souhaite, monsieur,

« que cette lettre n’y soit pas imprimée, et je ferai de mon mieux« pour cela ; mais si je ne pouvois éviter qu’elle le fût, et qu’in-« struit à temps je pusse avoir la préférence, alors je n’hésiterois« pas à la faire imprimer moi-même. Cela me paroit juste et na-« turel.

« Quant à votre réponse à la même lettre, elle n’a été com-<i muniquée à personne, et vous pouvez compter qu’elle ne sera« point imprimée sans votre aveu ('), 'qu’assurément je n’aurai« point l’iniiscrétion de vous demander, sachant bien que cea qu’un homme écrit à un autre, il ne l’écrit pas au public. Mais« si vous en vouliez faire une pour être publiée, et me l’adresser,« je vous promets de la joindre fidèlement à ma lettre, et de n’y« pas répliquer un seul mot.

« Je ne vous aime point, monsieur; vous m'avez fait les maux« qui pouvoient m’être les plus sensibles, à moi votre disciple et« votre enthousiaste. Vous avez perdu Genève, pour le prix de« l’asile que vous y avez reçu ; vous avez aliéné de moi mes« concitoyens, pour le prix des applaudissements que je vous ai« prodigués parmi eux: c’est vous qui me rendez le séjour de« mon pays insupportable ; c’est vous qui ne ferez mourir en« terre étrangère, privé de toutes les consolatons des mourants,« et jeté, pour tout honneur, dans une voirie; tandis que tous« les honneurs qu’un homme peut attendre vois accompagneront« dans mon pays. Je vous hais enfin, puisquevous l’avez voulu ;« mais je vous hais en homme encore plus digie de vous aimer, si« vous l’aviez voulu. De tous les sentiments dent mon cœur étoit« pénétré pour vous, il n’y reste que l’admirition qu’on ne peut« refuser à votre beau génie, et l’amour de vos écrits. Si je ne« puis honorer en vous que vos talents, ce n’est pas ma faute. Je« ne manquerai jamais au respect qui leur est iû , ni aux procédés« que ce respect exige. Adieu, monsieur r).»

( J ) Cela s’entend de son vivant etdn mien; et assurémenlles plus exacts procédas,surtout avec un homme qui les foule tous aux pieds, n'en sauraient exiger davan-tage.

i : j On remarquera que depuis près de sept ans que cette lettre est écrite, je n en aiparlé ni ne l'ai montrée à ame vivanle. Il en a été de mène de9 deux lettres qjie51. Hume me força l'été dernier de lui écrire, jusqu'à ce qi’ilen ait fait le vacarme