Band 
Tome quatrième.
Seite
189
JPEG-Download
 

NOTES.

189

autrement Otanès, ne rcconnoissant aucune sorte de loi, et n’ayant decompte à rendre à personne, auroit été tout puissant dans l'état, et pluspuissant que le roi même. Mais il n'y avoit guère d’apparence qu’un hommecapable de se contenter, en pareil cas, d’un tel privilège, fût capable d’enabuser. En effet, on ne voit pas que ce droit ait jamais causé le moindretfrouble dans le royaume, ni par le sage Otancs, ni par aucun de-ses des-cendants.

PRÉFACE, page 124.

(2) Dès mon premier pas je m'appuie avec confiance sur une de ces auto-rités respectables pour les philosophes, parcequ’elles viennent d’une raison(solide et sublime qu’eux seuls savent trouver et sentir.

« Quelque interet que nous ayons à nous connoitre nous-mêmes, je ne sais» si nous ne connoissons pas mieux tout ce qui n’est pus nous. Pourvus par« la nature d’organes uniquement destinés à notre conservation, nous ne les« employons qu’à recevoir les impressions étrangères; nous ne cherchonsB qu’à nous répandre au-dehors, et à exister hors de nous ; trop occupés à« multiplier les fonctions de nos sens et à augmenter l’étendue extérieure de« notre être, rarement Taisons-nous usage de ce sens intérieur qui nous ré-« duit à nos vraies dimensions, et qui sépare de nous tout ce qui n’en estii pas. C'est cependant de ce sens dont il faut nous servir, si nous vou-f Ions nous connoitre; c’est le seul par lequel nous puissions nous juger,w Mais comment donner à ce sens son activité et toute son étendue ? com-« ment dégager notre ame, dans laquelle il réside , de toutes les illusions do« notre esprit? Nous avons perdu l’habitude de t’employer, elle est demeurée« sans exercice au milieu du tumulte de nos sensations corporelles, elle s’est« desséchée par le feu de nos passions ; le cœur, l’esprit, les sens, tout a tra-« vaille contre elle. » IIist. xat., De la Nature de l'Iwmme.

discours , page 132.

(3) Les changements qu'un long usage de marcher sur deux pieds a puproduire dans la conformation de l’homme, les rapports qu'on observe en-core entre scs bras et les jambes inté. ieures des quadrupèdes, et l’inductiontirée de leur manière de marcher, ont pu faire naître des doutes sur celle quidevoit nous être la plus naturelle. Tous les enfants commencent par marcherà quatre pieds, et ont besoin de notre exemp'e et de nos leçons pour appren-dre à se tenir debout. 11 y a même des nations sautages, telles que les Hot-tentots , qui, négligeant beaucoup les enfants, les laissent marcher sur lesmains si long-temps, qu’ils ont ensuite bien de la peine à les redresser;autant en font les enfants des Caraïbes des Antilles. Il y a divers exemptesd'hommes quadrupèdes ; et je pourrois entre autres citer celui de cetun fa nt qui fut trouvé, en 1344 , auprès de Hesse, où il avoit été nourripar des loups, et qui disoit depuis, à la cour du prince Henri, que, s’il n’eûttenu qu’à lui, il eût mieux aimé retourner avec eux que de vivre parmi les.hommes. Il avoit tellement pris l’habitude de marcher comme ces animaux,qu’il fallut lui attacher des pièces de bois qui le forçoient à se tenir debout eten équilibre sur ses deux pieds. Il en étoit de même de l’enfant qu’on trouva,en 1694, dans les forêts de Lithuanie, et qui vivoit parmi les ours. Il ne

9 .