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Tome quatrième.
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dk l’économie politique. 221

temps que son secours leur est nécessaire, le pouvoir paternelpasse avec raison pour être établi par la nature. Dans la grandefamille, dont tous les membres sont naturellement égaux, l’au-torité politique, purement arbitraire quanta son institution, nepeut être fondée que sur des conventions, ni !e magistrat com-mander aux autres qu’en vertu des lois. Le pouvoir du père surles enfants, fondé sur leur avantage particulier, ne peut, par sanature, s’étendre jusqu’au droit de vie et de mort : mais le pou-voir souverain, qui n’a d’autre objet que le bien commun, n’ad’autres bornes que celles de l’utilité publique bien entendue;distinction que j'expliquerai dans son lieu. Les devoirs du pèrelui sont dictés par des sentiments naturels, et d’un ton qui luipermet rarement de désobéir. Les chefs n’ont point de semblablesrègles, et ne sont réellement tenus envers le peuple qu’à ce qu’i'slui ont promis de faire, et dont il est en droit d’exiger l’exécution.Une autre différence plus importante encore, c'est que, les enfantsn'ayant rien que ce qu’ils reçoivent du père, il est évident quetous les droits de propriété lui appartiennent, ou émanent de lui.C’est tout le contraire dans la grande famille, où l’administrationgénérale n’est établie que pour assurer la propriété particulière,qui lui est antérieure. Le principal objet des travaux de toute lamaison est de conserver et d’accroître le patrimoine du père, afinqu'il puisse un jour le partager entre ses enfants sans les appau-vrir : ai lieu que la richesse du fisc n’est qu’un moyen, souventfort mal entendu, pour maintenir les particuliers dans la paix etdans l’ébondance. En un mot, la petite famille est destinée à s’é-teindre et à se résoudre un jour en plusieurs autres famillessemblalles : mais la grande étant faite pour durer toujours darsle mêma état, il faut que la première s’augmente pour se mul-tiplier; et non seulement il suffit que l’autre se conserve, maison peut prouver aisément que toute augmentation lui est pluspréjudiciable qu’utile.

Par plusieurs raisons tirées de la nature de la chose, le pèredoit eonmander dans la famille. Premièrement, l’autorité ne doitpas être égale entre le père et la mère; mais il faut que le gouver-nement soit un, et que, dans les partages d’avis, il y ait une voixprépondérante qui décide. 2° Quelque légères qu’on veuille sup-poser les incommodités particulières à la femme, comme ellessont touoirs pour elle un intervalle d’inaction, c’est une raisonsuffisante pour l’exclure de cette primauté : car, quand la ba-

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