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Tome quatrième.
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JUGEMENT SUE LA. POLYSYNODIE. 311

que la polysynodie durera jusqu’à ce que le roi trouve un visir àson gré; mais, sous le visirat même, on n’a pas un visir plus tôtque cela. Foible remède, que celui dont la vertu s'éteint à l’ap-proche du mal qu’il devroit guérirl

N’est-ce pas encore un mauvais expédient de nous donner lanécessité d’obtenir les suffrages une seconde fois comme un freinpour empêcher les présidents d’abuser de leur crédit la première?ne sera-t-il pas plus court et plus sûr d’en abuser au point de n’a-voir plus que faire de suffrages? et notre auteur lui-même n’ac-corde-t-il pas au prince le droit de prolonger au besoin les prési-dents à sa volonté, c’est-à-dire d’en faire de véritables visirs?Comment n’a-t-il pas aperçu mille fois, dans le cours de sa vie etde ses écrits, combien c’est une vaine occupation de rechercherdes formes durables pour un état de choses qui dépend toujoursde la volonté d’un seul homme ?

Ces difficultés n’ont pas échappé à l’abbé de Saint-Pierre; maispeut-être lui convenoit-il mieux de les dissimuler que de les ré-soudre. Quand il parle de ces contradictions et qu’il feint de lesconcilier, c’est par des moyens si absurdes et des raisons si peuraisonnables, qu’on voit bien qu’il est embarrassé, ou qu’il neprocède pas de bonne foi. Seroit-il croyable qu’il eûtmisenavantsi hors de propos et compté parmi ces moyens l’amour de la pa-trie, le bien public, le désir de la vraie gloire, et d’autres chimèresévanouies depuis long-temps, ou dont il ne reste plus de tracesque dans quelques petites républiques? Penseroit-il sérieusementque rien de tout cela pût réellement influer dans la forme d’ungouvernement monarchique? et, après avoir cité les Grecs, les Ro-mains, et même quelques modernes qui avoient des âmes ancien-nes, n’avoue-t-il pas lui-même qu’il seroit ridicule de fonder laconstitution de l’état sur des maximes éteintes? Que fait-il doncpour suppléer à ces moyens étrangers dont il reconnoît l'insuffi-sance? Il lève une difficulté par une autre, établit un système surun système, et fonde sa polysynodie sur sa république euro-péenne. Cette république, dit-il, étant garante de l’exécutiondes capitulations impériales pour l’Allemagne, des capitula-tions parlementaires pour l’Angleterre, des pacta convenlapour la Pologne, ne pourroit-elle pas l’être aussi des capitula-tionsroyales signées au sacre des rois pour Informe du gouverne-ment, lorsque cette forme seroit passée en loi fondamentale? et,après tout, garantir les rois de tomber dans la tyrannie des Nérons,