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Tome quatrième.
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CHAPITRE XII.

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tiaux me parait beaucoup meilleur, pourvu qu'on évite la fraude;car toute fraude possible est toujours une source de maux. Maisil peut être onéreux aux contribuables en ce qu’il faut le payeren argent, et le produit des contributions de cette espèce est tropsujet à être dévoyé de sa destination.

L’impôt le meilleur, à mon avis, le plus naturel, et qui n’estpoint sujet à la fraude, est une taxe proportionnelle sur les terres,et sur toutes les terres sans exception, comme l’ont proposé lemaréchal de Yauban et l’abbé de Saint-Pierre ; car enfin c’est cequi produit qui doit payer. Tous lesbiens royaux, terrestres, ec-clésiastiques et en roture, doivent payer également, c’est-à-direproportionnellement à leur étendue et à leur produit, quel qu’ensoit le propriétaire. Cette imposition paroîtroit demander une opé-ration préliminaire qui seroit longue et coûteuse, savoir un cadas-tre général. Mais cette dépense peut très bien s’éviter, et mêmeavec avantage, en assayant l’impôt non sur la terre directement,mais sur son produit, ce qui seroit encore plus juste ; c’est-à-dire en établissant dans la proportion qui seroit jugée convena-ble une dîme qui se lèverait en nature sur la récolte comme ladime ecclésiastique ; et, pour éviter l’embarras des détails et desmagasins, on affermerait ces dîmes à l’enchère, comme font lescurés ; en sorte que les particuliers ne seraient tenus de payer ladime que sur leur récolte, et ne la pairoient de leur bourse quelorsqu’ils l’aimeraient mieux ainsi, sur un tarif réglé par le gou-vernement. Ces fermes réunies pourrolent être un objet de com-merce, par le débit des denrées qu’elles produiraient, et qui pour-raient passera l’étranger par la voie de Dantzickou de Riga. Onéviterait encore par-là tous les frais de perception et de régie,toutes ces nuées de commis et d’employés si odieux au peuple, siincommodes au public ; et, ce qui est le plus grand point, la ré-publique aurait de l’argent sans que les citoyens fussent obligésd’en donner; car je ne répéterai jamais assez que ce qui rend lataille et tous les impôts onéreux au cultivateur est qu’ils sont pé-cuniaires, et qu’il est premièrement obligé de vendre pour parve-nir à payer.

CHAPITRE XII.

Système militaire.

De foutes les dépenses de la république, l’entretien de l’arméede la couronne est la plus considérable, et certainement les servi-